Le prisonnier politique palestinien Marwan Barghouti est actuellement au cœur d'une situation critique, comme l'indique son avocat Ben Marmarelli dans une lettre datée du 15 avril. Ce dernier souligne un « schéma d'escalade des abus », comprenant des actes de violence, une négligence médicale sévère, et des traitements qui mettent sa vie en péril. En moins de 30 jours, Barghouti, personnalité emblématique de la résistance palestinienne, a été agressé à trois reprises et attaqué par un chien ordonné par ses gardiens israéliens.
Malgré ces circonstances traumatisantes, Marwan Barghouti demeure « son esprit vif, concentré, profondément impliqué dans tout ce qui se passe à l'extérieur de la prison », un fait qui continue d'inquiéter les autorités israéliennes. Mais les conditions de détention de ce symbole de la résistance, qui entame sa vingt-quatrième année derrière les barreaux, se dégradent considérablement.
Au cours d’une intervention le 24 mars, un groupe de gardiens a forcé Barghouti à se coucher au sol, avant de lâcher un chien qui l’a attaqué à plusieurs reprises, comme le rapporte son avocat. En un seul jour, il a subi une autre agression durant un transfert entre prisons. Dernièrement, le 8 avril, il a été brutalement battu, laissant son corps ensanglanté sans qu’aucun soin médical ne lui soit accordé, malgré ses appels à l’aide.
Une négligence médicale inacceptable
Ben Marmarelli, qui a visité Barghouti le 12 avril, décrit des conditions alarmantes : « Je peux confirmer que ce que j'ai observé est profondément troublant ». Le 8 avril, après sa dernière agression, Marwan Barghouti a été laissé sans assistance médicale pendant plus de deux heures. « Tout soin médical lui a été refusé », déplore son avocat.
Barghouti a déjà subi des violences en septembre, lorsque huit gardiens l’ont agressé après la visite d’un ministre israélien controversé. Cette violence systématique illustre le climat d’oppression que vit ce prisonnier depuis près de deux décennies, alors qu'il reste un ennemi héréditaire de l'État d'Israël. « La moindre communication est un combat de tous les instants », insiste son avocat, soulignant les conditions aberrantes de leurs échanges, où ils doivent crier à travers des vitres pour se faire entendre.
Condamné à cinq condamnations à perpétuité en 2004, Marwan Barghouti est perçu par le gouvernement israélien comme un obstacle à sa politique colonialiste. Bien qu'il soit considéré comme une figure de paix par certains, son soutien populaire s'étend à travers toutes les factions palestiniennes. « Marwan Barghouti est le seul dirigeant palestinien qui pourrait vraiment unir le peuple palestinien », a récemment déclaré Ami Ayalon, ex-chef des services de renseignement israéliens. Pourtant, deux ans après ces paroles, la situation reste stable et la Palestine souffre de la violence d'une occupation qui ne faiblit pas.







