Violences policières au Burger King : l'absence d'excuses pèse sur le procès des CRS

Des excuses attendues mais jamais délivrées au procès des CRS pour violences.
Violences policières au Burger King : l'absence d'excuses pèse sur le procès des CRS
Ce mardi 10 février, avait lieu la deuxième journée du procès des neuf CRS accusés d'agression sur manifestants dans un Burger King à Paris en 2018. L'attente d'excuses reste omniprésente mais reste sans réponse.

Raphaël A., l'un des CRS, se tourne vers le banc des parties civiles et exprime son souhait de communiquer avec elles. Il est le premier des prévenus à faire cette demande lors de l'audience. "Je suis désolé de ce qu'il vous arrive. On serait mieux ailleurs, ce qu'il s'est passé ce jour-là, c'était l'horreur", confesse-t-il. Cependant, ses mots sont teintés d'une ambiguïté qui ne laisse guère présager d'excuses véritables.

Des excuses inexistantes

"Des excuses, je ne vous en ferai pas", déclare finalement Raphaël A. "On a fait notre travail. On nous a demandé de vous dégager… c’était l'horreur." Dans le cadre de l'intervention, il avait sous ses ordres des collègues impliqués dans des violences à l'encontre de manifestants, y compris des jeunes présents dans le fast-food ce jour-là.

Comme rapporté par des médias tels que BFMTV, il se montre soumis à la pression de la hiérarchie qui, selon lui, a contribué à cette escalade de violence. "J'aimerais bien avoir des excuses de ma haute hiérarchie qui nous a mis dans cette situation. J'attends toujours", souligne-t-il, renforçant ainsi l'idée que le poids du système est également en jeu.

Un témoin réclame des excuses

Natan, l'un des manifestants frappés, confie lui aussi son attente d'excuses. "J'avais peut-être envie de pardonner", dit-il, conscient que les vérités de ce jour-là dépassent la simple violence physique. Me Moad Nefati, l'avocat de Natan, s'empare de la situation en soulignant que le prévenu a confondu le rôle de victime et de casseur, alors même qu'aucune excuse véritable n’a été formulée.

Une incompréhension persistante

Les témoins, y compris des CRS, semblent ne pas mesurer l'impact de leurs actions. Lors de l'audience, Me Emmanuel Daoud leur rappelle la gravité de leurs actes. "Vous êtes des hommes costauds, athlétiques. La vidéo montre une absence totale de retenue", leur fait-il remarquer. Les explications des prévenus soulèvent encore des interrogations sur la légitimité de leur violence. "Je n'ai jamais visé la tête. Les gilets jaunes n'ont pas eu de membres cassées, ils se sont tous relevés après", clame l'un d'eux, ignorant la portée de ses paroles.

Cette affaire, bien que centrée sur un événement passé, continue de soulever des questions critiques sur l'usage de la force par les autorités et sur la responsabilité individuelle en matière de dépassements. Les attentes de justice et de réhabilitation des valeurs humaines précèdent le verdict, rappelant à tous la nécessité d'un dialogue véritable.

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