Procès de l'assassinat de Samuel Paty : un appel à la vérité au cœur de l'angoisse

Une plongée dans les enjeux flous du procès en appel des complices présumés.
Procès de l'assassinat de Samuel Paty : un appel à la vérité au cœur de l'angoisse
Le procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty se tient jusqu'au 27 février 2026 à la cour d'assises spéciale de paris. © Radio France - Christine Wurtz

Nous entrons dans la troisième semaine d'audience du procès en appel concernant l'assassinat de Samuel Paty, tragédie survenue en octobre 2020. Quatre individus, dont deux jeunes d'Évreux, sont accusés de complicité dans ce crime sordide, tandis qu'ils plaident leur innocence.

Le procès met en lumière la complexité des relations qui ont précédé le meurtre, et particulièrement celle entre Azim Epsirkhanov et son ami d’enfance, Abdoullakh Anzorov, l’assassin. Ce dernier, originaire d'Évreux, a abattu Samuel Paty le 16 octobre 2020, un acte qui a choqué toute la France. Selon France Bleu, Epsirkhanov et Naïm Boudaoud, tous deux présents avec Anzorov, sont maintenant rejugés après une première condamnation en décembre 2024.

Azim Epsirkhanov, qui a 25 ans aujourd'hui, tente de justifier ses actions lors de cette audience. Il a expliqué qu'il avait simplement accompagné Anzorov pour acheter un couteau, le présentant comme un "cadeau pour son grand-père". Il a même ajouté qu'il avait suggéré un emballage cadeau, cherchant à dissocier ses actes de ceux qui ont conduit à l’assassinat, défendant ainsi son assertion d'innocence. Le jeune homme affirme qu'il n'était pas au courant des intentions violentes de son ami, ce qui entrouvre la porte à des questions dérangeantes sur sa perception de la radicalisation.

Les témoignages des deux jeunes font monter la tension dans la salle d'audience. "C'est un traumatisme pour moi", a avoué Epsirkhanov, ayant immédiatement pris contact avec la police après l'incident, en exprimant sa surprise d’être désigné comme complice. Toutefois, cet argument ne convainc pas les parties civiles qui le soupçonnent de vouloir dissimuler des vérités plus sombres.

Ont-ils été complices ou manipulés par le tueur ?

Naïm Boudaoud, également présent ce jour-là avec Epsirkhanov, soutient une ligne de défense presque identique, mais avec un détail qui intrigue : il a conduit le tueur sur les lieux, sous la contrainte. "Il m'a dit de l'emmener à Mantes-la-Jolie parce qu'il avait une embrouille à régler avec des Noirs," a-t-il expliqué. Sur le chemin, ils ont même fait une halte où Anzorov a acheté deux pistolets Airsoft et offerts un au jeune homme, l'alertant moins de ses intentions malveillantes.

Une défense contestée par l'accusation

Pour les avocats de la partie civile, le discours des accusés semble être une manœuvre pour éviter d'assumer la responsabilité de leurs actes. Maître Szpiner, avocat des victimes, a affirmé : "Ils tentent de tirer profit du flou de la situation en niant délibérément leur implication dans le processus de radicalisation de leur ami." Les preuves présentées montrent également qu'ils étaient au courant des croyances extrêmes d'Anzorov. La défense ne parvient pas à convaincre le tribunal.

Le procès continue avec des expertises psychologiques et psychiatriques prévues pour les jours à venir, ajoutant une autre couche de complexité à cette affaire déjà chargée d'émotions. Le verdict devrait être rendu le 27 février 2026, restant douloureusement attendu par tous les concernés.

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