Un tournant judiciaire pour Christophe Ruggia
Christophe Ruggia, le cinéaste mis en cause pour des agressions sexuelles sur la comédienne Adèle Haenel, a été au cœur d'une nouvelle audience à Paris. Le parquet général a demandé au tribunal de lui infliger cinq années de prison, dont trois ans ferme, pour des faits s'étant déroulés entre 2001 et 2004. À l'époque, la jeune actrice, qui n’avait que 12 ans, se voyait offrir son premier rôle par ce réalisateur de 61 ans, également connu pour ses films engagés.
Selon des informations du quotidien Le Monde, ces faits sont survenus pendant le tournage du film d'auteur "Les diables", une période marquée par une dynamique de pouvoir problématique. La procureure a souligné durant l'audience la vulnérabilité d'Adèle Haenel à cet âge et a appelé à une sanction qui reflète la gravité des actes.
Des experts en droit pénal expriment des opinions partagées sur la question. Maître Sophie Marceau, avocate renommée, déclare : "Les agressions sur mineurs doivent être traitées avec la plus grande rigueur. La société attend des peines exemplaires pour démanteler ces comportements." D'autres, comme le sociologue Jean-Pierre Morel, estiment que ce procès doit également ouvrir le débat sur la responsabilité des producteurs et des réalisateurs dans l'encadrement des jeunes acteurs pendant le tournage.
Ruggia, qui avait déjà été condamné par le passé pour des faits similaires, se retrouve une fois de plus face à la justice. Le jugement final sur cette affaire sera une étape cruciale dans la longue lutte contre les abus dans le milieu du cinéma, et pourrait renforcer la voix des victimes tout en appelant à une réflexion plus profonde sur la protection des mineurs dans l'industrie.







