Plus de cinq ans après l'assassinat tragique du professeur Samuel Paty, quatre des condamnés en première instance, ayant écopé de peines allant de 13 à 16 ans de réclusion criminelle pour leur rôle d'instigateurs, vont être rejugés en appel à Paris à partir de ce lundi 26 janvier 2026.
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, enseignant d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, est brutalement tué par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical, qui a été abattu par les forces de l'ordre peu après l'attaque. Lors du premier procès, deux accusés avaient été reconnus coupables de complicité d'assassinat terroriste, tandis que deux autres avaient été condamnés pour association de malfaiteurs criminels, rapportant ainsi une culpabilité dans l'escalade menant à ce crime odieux.
La campagne de destruction derrière le meurtre
L'assassinat de Samuel Paty a été précédé par un déferlement de haine et une campagne de cyberharcèlement alimentée par des mensonges, notamment ceux d'une élève de 13 ans, qui avait faussement prétendu qu'il avait discriminé des élèves musulmans en classe. Ce mensonge, largement relayé sur les réseaux sociaux par son père, Brahim Chnina, ainsi que par Abdelhakim Sefrioui, a créé un environnement propice à l'agression mortelle.
Les quatre hommes qui se présentent devant la cour d'assises spéciale sont accusés de complicité d'assassinat ou d'association avec des malfaiteurs terroristes. Pour la famille de Samuel Paty, ce procès en appel représente une lueur d'espoir afin que justice soit pleinement rendue. Selon Virginie Le Roy, avocate de la famille, il est crucial que chaque acte et décision ayant conduit à cette tragédie soit reconnu et jugé.
Les protagonistes clés et leur responsabilité
Brahim Chnina est particulièrement visé pour sa responsabilité dans l'incitation à la haine qui a conduit à l'assassinat. Selon les juges, il a eu un rôle central dans la propagation des fausses accusations et a pris contact avec l'assassin avant le crime. D'autre part, Abdelhakim Sefrioui, connu pour ses positions islamistes, est également accusé d'avoir contribué à créer un climat d'intolérance.
Pour le premier verdict, les magistrats avaient vu un lien direct entre leurs actions et l'assassinat, exposant ainsi les dangers d'un discours haineux. À cela, les avocats de Chnina et Sefrioui contestent fermement, soulignant qu'Anzorov ne les connaissait pas directement.
Une question de responsabilité collective
Le procès laissera donc place à des discussions intenses sur la responsabilité individuelle et collective dans le contexte des menaces terroristes. Le contexte sociétal actuel, marqué par des tensions autour de la liberté d'expression et des valeurs républicaines, rend cet événement d'autant plus important. Le ministre de l'Éducation nationale a lui-même souligné l'importance de la réflexion sur la mémoire de Samuel Paty et sur les enjeux liés à l'enseignement de la liberté d'expression dans les écoles.
Alors que ce procès démarre, l'attention est concentrée non seulement sur les actes de ceux qui seront jugés, mais également sur les conséquences qu'auront ces jugements à long terme pour la société française. La famille de Samuel Paty espère une confirmation des peines prononcées précédemment, affirmant que la justice doit faire son travail pour mettre en lumière les rouages du harcèlement et du terrorisme dans notre société.







