Le procès en appel de Christophe Ruggia relance le débat sur les agressions sexuelles à Hollywood

Le procès du cinéaste Christophe Ruggia s'ouvre à nouveau ce vendredi, avec des témoignages percutants.
Le procès en appel de Christophe Ruggia relance le débat sur les agressions sexuelles à Hollywood
Christophe Ruggia a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec bracelet électronique. Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Après une interruption marquante, la cour d'appel de Paris reprend ce vendredi l'affaire controversée du cinéaste Christophe Ruggia, accusé d'agressions sexuelles sur l'actrice Adèle Haenel alors qu'elle n'était qu'une adolescente. Cette affaire, dévoilée par Mediapart en 2019, s'inscrit dans le cadre plus large du mouvement #MeToo au sein du cinéma français.

Le procès, initialement programmé sur une seule après-midi, a dû être prolongé en janvier dernier en raison de l'heure tardive. Lors du premier round, la cour a à peine eu le temps d'interroger Ruggia, laissant Adèle Haenel, aujourd'hui âgée de 36 ans, sur le banc de la partie civile, gagnée par l'impatience et la nervosité.

Durant un interrogatoire de cinq heures, Ruggia, 61 ans, a maintenu son déni, affirmant catégoriquement ne pas être un «agresseur sexuel». Sa défense repose sur l'idée que les accusations d'Haenel seraient le fruit d'une «reconstruction» de ses souvenirs, un argument qu'il justifie par les difficultés professionnelles qu'elle aurait rencontrées après le tournage de son film «Les diables», où il lui avait offert son premier rôle. «Elle m'a proposé des échanges sur la littérature et le cinéma, c'était une sorte de mentorat», a-t-il dit devant le tribunal.

D'un autre côté, Haenel, qui a bouleversé le monde cinématographique en reconnaissant publiquement sa douleur, décrit des actes répétitifs et non consentis. Elle a même interrompu un précédent interrogatoire, perdant patience face à ses dénégations, criant «mais ferme ta gueule!». Pour elle, la dynamique de pouvoir en jeu lors de leurs interactions souligne comment un producteur peut abuser de sa position.

Le tribunal de Paris, dans son jugement de première instance, avait déjà noté que Ruggia avait abusé de son influence sur Haenel, alors qu'elle était une jeune débutante. Les juges avaient également mis en évidence une emprise qui l'empêchait de s'opposer à ses avances.

Il est intéressant de noter qu'après son rôle emblématique dans «Portrait de la jeune fille en feu» de Céline Sciamma, Haenel s'est retirée du cinéma, choisissant de se concentrer sur le théâtre et son engagement politique.

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