La question de la place des enfants dans notre société a pris une dimension tragique cette semaine, suite à l’annonce par la SNCF de l’introduction d’une classe affaires « sans enfants ». Cette initiative a résonné comme un appel à l’attention sur les préoccupations croissantes concernant les droits des jeunes en France.
Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), Eric Delemar, le Défenseur des enfants, n’a pas hésité à qualifier cette orientation de « scandaleuse ». Il déplore que les droits des enfants soient « régulièrement bafoués ». « Les enfants sont plus de 14 millions dans notre société, et pourtant ils sont systématiquement oubliés. Ils n’ont pas le droit de vote, donc ils semblent ne pas compter », a-t-il déclaré.
Eric Delemar souligne également les paradoxes auxquels la jeunesse doit faire face : « Nous les stigmatisons, et en même temps nous souhaitons qu’ils ne restent pas enfermés chez eux, collés à leurs écrans ».
« Coût humain, psychologique et économique »
La polémique autour de la SNCF s’inscrit dans un cadre plus large. Selon Claire Hédon, adjointe de la Défenseure des droits, le manque de prise en compte des préoccupations des jeunes entraîne un « coût humain, psychologique et économique » considérable. « Nos enfants sont de plus en plus stigmatisés », alerte-t-elle. « Ils sont pris en étau entre des attentes contradictoires des adultes ».
Eric Delemar appelle clairement à un « sursaut politique » et met en lumière l’urgente nécessité de réformer les politiques publiques, qui devraient se projeter sur le long terme plutôt que sur des enjeux électoraux immédiats. « L’absence de considération pour les enfants a des répercussions sur leur bien-être et leur apprentissage », a-t-il commenté.
Bien que le Défenseur des enfants soit une autorité indépendante, le nombre d’appels à l’aide qu’il reçoit chaque année — plus de 4 000 — témoigne d’une crise alarmante. Beaucoup de ces cas concernent « des enfants en danger non repérés » et « des décisions non mises en œuvre », révélant un manque cruel de réactivité aux besoins des jeunes.
Eric Delemar conclut en insistant sur la responsabilité collective de protéger la jeunesse : « Ignorer ces problèmes, c’est sacrifier nos enfants sur l’autel d’intérêts à court terme ». Son appel à l’action doit être entendu non seulement par les décideurs, mais par l’ensemble de la société, afin que les droits des enfants soient enfin respectés et préservés.







