Ce vendredi, l'écart entre le taux d'intérêt français à dix ans et son homologue allemand, souvent indicateur de la confiance du marché envers la France, a connu une légère amélioration. La perspective d'une adoption d'un budget pour 2026 semblerait favoriser cette tendance.
Le fameux "spread" a atteint temporairement 0,59 point vers 14h30 (heure de Paris), avant de remonter légèrement à 0,61. En début de semaine, cet écart était de 0,70 point, un recul donc qui pourrait être perçu comme un signe positif pour le marché.
Si cet écart finit sous les 0,60 point, cela marquerait un retournement significatif depuis juin 2024, lorsque la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron a créé une onde de choc sur les marchés et provoqué une flambée des taux d'intérêt.
Effectivement, cet écart avait alors culminé à plus de 0,87 point dans les mois suivant cette décision politique, alors qu'il oscillait auparavant autour de 0,50 point. Le contexte politique en France, avec des va-et-vient de gouvernements, a également eu des conséquences notables sur les rendements, poussant le taux français au-dessus de celui de l'Italie, autrefois considéré comme le plus risqué d'Europe.
Visibilité pour les investisseurs
Cette réduction de l'écart est attribuée, selon l'analyste Alexandre Baradez d'IG France, à l'utilisation par le premier ministre Sébastien Lecornu de l'article 49-3, qui permet d'adopter des mesures budgétaires sans vote parlementaire. Cela peut offrir une certaine visibilité pour les investisseurs, même si le passage se fait de manière contestée. Baradez souligne également que l'augmentation simultanée des taux en Allemagne participe à ce rapprochement.
Longtemps vue comme un bastion de la rigueur budgétaire, l'Allemagne a récemment lancé un vaste programme d'endettement public, visant à moderniser ses infrastructures et renforcer ses capacités militaires, ce qui explique la montée de ses taux. Cette stratégie, sous la direction du chancelier Friedrich Merz, implique des ajustements qui, étrangement, profitent à la perception des investisseurs vis-à-vis de la France.







