ENTRETIEN. Président de l’association Léa antiracisme, Laurent de Béchade nous éclaire sur la vision et les actions de son organisation, fondée en 2017. Son objectif : défendre toutes les victimes de racisme, sans distinction, en se positionnant comme un acteur apolitique.
Créée initialement pour dénoncer le racisme anti-Blancs, l’association Léa antiracisme a évolué pour, depuis 2019, s’attaquer à toutes les formes de racisme. « Nous nous positionnons comme l’association que SOS Racisme aurait dû être mais n’a jamais été », explique Laurent de Béchade. En décembre dernier, un comité d’éthique a été constitué, rassemblant des figures telles que l’écrivain Éric Naulleau et la philosophe Fadila Marouffi. À l’heure actuelle, l’association réunit plus de 500 membres et aspire à atteindre 5 000 d’ici 2028.
Valeurs actuelles. Pourquoi votre association reste-t-elle méconnue, contrairement à SOS Racisme ou à la Licra ?
Laurent de Béchade. Trois facteurs expliquent cette situation. D’abord, notre existence en tant que partie civile n’a été possible qu’au bout de cinq ans. Ayant récemment engagé nos premières procédures judiciaires, nous gagnons en visibilité. Ensuite, notre indépendance par rapport aux partis politiques, bien que parfois limitante, est également notre force. Contrairement à SOS Racisme, notre association refuse toute instrumentalisation de la cause antiraciste à des fins politiques. Enfin, le traitement médiatique de notre action est inégal. Bien que des journalistes de droite aient un rejet systématique, ceux de gauche nient l'existence du racisme anti-Blancs, réduisant notre exposition.
Nous avons un objectif clair : œuvrer pour une société où le racisme, sous toutes ses formes, n’a pas sa place. Cet engagement s’inscrit dans un cadre laïque et apolitique, garant de l’accueil de tous, quelles que soient leurs origines.
En intervenant sur des affaires marquantes comme les appels à l’Intifada à Paris, Léa antiracisme se positionne comme un contrepoids dans le paysage associatif. Nos actions ne se limitent pas à des discours, mais s’accompagnent d’un accompagnement juridique des victimes, nous avons déjà assisté plus de 400 personnes depuis notre création.
Notre récent comité d’éthique a pour but de mieux orienter nos démarches judiciaires face à des situations parfois délicates. Composé de personnalités aux expériences variées, il apporte une richesse dans notre réflexion collective.
Enfin, alors que la lutte antiraciste semble aujourd’hui majoritairement portée par la gauche, il est essentiel de rappeler que toutes les voix doivent être entendues. Pour nous, les victimes de racisme, peu importe leur origine ou opinion politique, nécessitent une défense et un soutien.
Pour 2026, nous ambitonnons nos premières victoires judiciaires. Il est crucial que les actes racistes, quel que soit leur auteur, soient tous dénoncés et traités avec la même rigueur. Ce travail d’envergure nécessite l’engagement de tous, quel que soit le prisme politique.







