Les marchés boursiers mondiaux ont connu une chute marquée vendredi, clôturant une semaine d’inquiétudes alimentées par le conflit au Moyen-Orient et la montée des prix de l’énergie.
À Wall Street, le Dow Jones a enregistré une baisse de 0,97%, tandis que l'indice Nasdaq a chuté de 2,01% et l'indice S&P 500 a cédé 1,51%.
En Europe, la situation reste préoccupante : Francfort a reculé de 2,01%, Paris de 1,82%, et Londres a enregistré une baisse de 1,45%. Milan a également suivi cette tendance avec une chute de 1,97%.
« Nous naviguons dans un marché anxieux », souligne Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K. Les investisseurs affichent une nervosité croissante quant à l’évolution des événements militaires, comme l'indique Angelo Kourkafas d'Edward Jones dans une interview accordée à l'AFP.
La tension est également palpable sur la scène politique, avec Donald Trump affirmant son opposition à un cessez-le-feu avec l'Iran, quelques semaines après le déclenchement du conflit. De son côté, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, clame que Téhéran a infligé un « coup vertigineux » à ses adversaires.
« Plus la guerre se prolongera, plus les conséquences économiques seront lourdes », avertit Kourkafas. L'indice S&P 500 a ainsi enregistré sa quatrième semaine consécutive dans le rouge, soit sa pire série depuis un an, note Andrea Tueni, responsable des marchés chez Saxo Banque.
En ce qui concerne l'indice CAC 40, il a plongé dans une zone de correction, accusant une perte de plus de 10% par rapport à ses sommets de février dernier.
- Hausse contenue des prix de l'énergie -
Malgré l’instabilité, les prix du pétrole ont terminé en hausse, mais demeurent en deçà du seuil critique de 120 dollars le baril. Le baril de Brent a augmenté de 3,26%, atteignant 112,19 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 2,27%, se chiffrant à 98,32 dollars.
« Le risque cette semaine a été la détérioration des infrastructures énergétiques », souligne Kourkafas. Une inquiétude persiste quant à la possibilité que même une résolution rapide du conflit ne suffise pas à redresser la production mondiale rapidement.
Le prix du mégawattheure de gaz naturel a quant à lui chuté de 4,20% à 59,26 euros, selon les contrats à terme de référence du TTF néerlandais.
- Forte remontée des taux -
La peur d’une résurgence de l’inflation entraîne une augmentation des taux d’intérêt que les États doivent verser à leurs créanciers pour financer leur dette. Les investisseurs cherchent à protéger leurs actifs face à l’angoisse inflationniste.
Vers 20H45 GMT, le rendement à dix ans des obligations d'État américaines a grimpé à 4,38%, contre 4,28% la veille, un niveau plus observé depuis cet été. Pour illustrer, il était à seulement 3,94% fin février.
En Europe, les taux d’emprunts à dix ans britanniques ont connu une hausse rapide, atteignant environ 4,99%, un pic inédit depuis 2008. L'Allemagne, en tant que référence européenne, a vu le sien progresser à 3,05%, tandis que le taux français s’inscrivait à 3,77%, en forte hausse.
« Nous faisons face à une situation ambiguë : l'inquiétude est palpable, mais il n'y a pas de véritable panique », analyse Stéphanie Villers, économiste chez PwC. Les marchés assimilent les avertissements récents du président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, et de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.
Alors que les experts anticipaient initialement une baisse des taux américains, cette perspective s’estompe à mesure que l'année avance, comme l'indique l'outil de suivi CME FedWatch.







