Les États-Unis ont récemment exprimé leur intention d'assouplir certaines sanctions visant le pétrole iranien, à la suite des frappes armées en Iran, qui ont provoqué une flambée des prix de l'essence.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a déclaré sur Fox Business, "Nous pourrions envisager de lever les sanctions sur le pétrole iranien actuellement en mer dans les jours à venir".
Selon Bessent, ce mouvement pourrait permettre "d'utiliser les barils iraniens contre les Iraniens pour garder les prix bas" alors que l'armée américaine poursuit ses opérations militaires en Iran.
Il reste cependant sur la réserve concernant la durée de cet assouplissement. Une source proche du dossier, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a révélé à l'AFP que cette approche pourrait rappeler les nouvelles règles instaurées récemment pour le pétrole russe, permettant à ce dernier d'être écoulé sur le marché malgré les sanctions.
En ce moment, environ 140 millions de barils de pétrole iranien seraient stockés en mer, ce qui pourrait compenser les pertes énergétiques causées par les conflits au Moyen-Orient, selon le ministre.
Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates, a noté que cette démarche soulève des questions politiques importantes. Il a commenté, "Cela démontre jusqu'où le gouvernement est prêt à aller pour atténuer les coûts élevés de l'énergie pour les consommateurs". Toutefois, il a également averti que la levée des sanctions pourrait permettre à l'Iran de rétablir d'anciennes relations commerciales avec certains clients européens.
M. Lipow a aussi souligné que, d'un point de vue politique, un tel geste paraîtrait très contradictoire compte tenu des tensions actuelles entre les États-Unis et l'Iran.
La ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, a également exprimé ses réserves sur ce sujet dans le quotidien Bild, arguant que chaque dollar provenant des ventes de pétrole iranien servirait à renforcer un régime opposé aux valeurs démocratiques des États-Unis.
Philip Luck, du Center for Strategic and International Studies (CSIS), a précisé que l'assouplissement proposé pourrait ne pas réellement faire baisser les prix de l'essence comme espéré.
Sur le court terme, John Kilduff, analyste pour Again Capital, envisage que la Chine soit le véritable bénéficiaire de cette situation, ayant su contourner les sanctions américaines pour s'approvisionner en pétrole iranien ces dernières années.
Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a demandé à toutes les parties de "cesser immédiatement" les hostilités pour éviter des impacts économiques négatifs.
James Knightley, économiste chez ING, a résumé la situation en précisant que Washington pourrait, plutôt que de baisser les prix, chercher à renforcer ses alliances en Asie, notamment en persuadant la Chine de faire pression sur l'Iran.
Face à l'impopularité des hausses de prix de l'essence, l'administration américaine est sous pression pour agir afin de calmer la situation et de rassurer les citoyens dépendants de leur voiture.







