Les marchés boursiers européens ont enregistré de nouvelles baisses significatives vendredi, entraînées par l'augmentation continue, bien que modérée, des prix de l'énergie, exacerbée par les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient. Cette glissade s'est accentuée malgré une stabilisation matinale des indices.
Les places boursières ont vu leur situation se détériorer, le prix du baril de pétrole reprenant sa course à la hausse, tandis que le coût du gaz affichait une légère baisse. À Francfort, les actions ont chuté de 2,01%, tandis que Paris et Londres ont enregistré respectivement des baisses de 1,82% et 1,45%. Milan n’a pas été en reste, déclinant de 1,97%.
De l'autre côté de l'Atlantique, les indices de Wall Street ont également connu un recul, bien que moins marqué : -1,29% pour le Nasdaq, -0,80% pour le S&P 500 et -0,34% pour le Dow Jones peu avant 17H10 GMT.
Grégoire Kounowski, conseiller en investissements chez Norman K, souligne que nous évoluons dans un marché général de méfiance. « On va avoir un marché stressé en début de semaine », déclare-t-il. Cela dit, il note des points positifs, tels que la résilience des actions américaines et la stabilité des cryptomonnaies.
Andrea Tueni, responsable des marchés chez Saxo Banque, pointe le S&P 500, qui pourrait enregistrer sa quatrième semaine de baisse consécutive, son plus mauvais bilan en un an. En ce qui concerne l’indice européen CAC 40, il entre en correction, perdant plus de 10% depuis ses pics de février.
Daniel Morris, chef de stratégie de marché chez BNP Paribas Asset Management, tempère néanmoins les inquiétudes, affirmant que si les prix du pétrole se stabilisent autour de 100 dollars le baril, le marché boursier pourrait également trouver un équilibre.
La tendance haussière du Brent de la mer du Nord s'est poursuivie, atteignant 109,84 dollars le baril (+1,10%) à 17H00 GMT, tandis que le WTI, traditionnellement moins cher, était à 97,54 dollars (+2,02%). En revanche, après un bond jeudi, le prix du mégawattheure de gaz naturel a reculé de 3,73% à 59,54 euros, selon le principal indice de référence des contrats à terme du TTF néerlandais.
L'inquiétude croissante concernant un retour de l'inflation en Europe a entraîné une augmentation des taux d'intérêt que les États doivent verser pour financer leur dette. Cette dynamique pousse les investisseurs à protéger la valeur de leurs créances face à une inflation menaçante.
Le taux d'emprunt à dix ans en Grande-Bretagne a atteint environ 4,98%, son plus haut niveau depuis 2008. En Allemagne, le rendement des emprunts d'État à dix ans a franchi la barre des 3%, tandis qu'en France, il a grimpé à 3,75% en fin de journée.
Stéphanie Villers, économiste chez PwC, observe une ambiance d’indécision. « Les taux d'intérêt anticipent une reprise de l'inflation, mais il n’y a pas de panique sur le marché », indique-t-elle. Ce phénomène coïncide avec la volonté de l'Allemagne de se tourner vers l'endettement pour relancer son économie.
Les marchés digèrent également les avertissements récents du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, et de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde. En effet, la BCE a revu à la hausse ses prévisions d'inflation pour 2026 tout en abaissant ses prévisions de croissance, conséquence des tensions liées au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
De plus, les banques centrales du Japon, de l'Angleterre et de la BCE ont traité leurs taux directeurs dans un contexte de stagnation, suivant l'exemple de la Réserve fédérale américaine.







