Emmanuel Grégoire et Rachida Dati intensifient leur campagne ce vendredi, dans une ambiance électrisante, à quelques jours d'un scrutin très incertain. Le candidat de la gauche, bien qu'en tête, doit rester vigilant face à la candidate de droite qui ne baisse pas les bras.
Lors de son ultime meeting, Grégoire a lancé un appel vibrante à l'unité pour contrer ce qu'il appelle "l'union des droites". "Accueillir Rachida Dati à l'Hôtel de Ville, c'est faire entrer les idées d'extrême droite dans la mairie", a-t-il déclaré, galvanisant son auditoire au parc de Belleville.
Les derniers sondages d'entre-deux-tours préditent une avance pour Grégoire, avec des écarts variant entre 1 et 7 points. Il est crédité entre 48% et 45,5%, tandis que Dati oscille entre 44,5% et 41%. En parallèle, la candidate Insoumise Sophia Chikirou maintient son score autour de 10-11%.
Selon des experts, l'issue de cette élection triangulaire reste incertaine, car elle dépendra notamment des votes de l'électorat de Pierre-Yves Bournazel, qui s'est allié à Dati tout en se retirant de la course. "Notre étude révèle que 56% des électeurs de Bournazel pourraient voter pour Dati, bien plus que lors du premier tour", explique Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, à l'AFP.
Un bon tiers des votants pourrait se tourner vers Grégoire, comme le soulève le professeur Philippe Moreau-Chevrolet, qui s'interroge : "Le désir de changement sera-t-il plus fort que les réticences envers Dati, dont le passé judiciaire pourrait influencer les électeurs ?" Rachida Dati fait face à des accusations de corruption qui pourraient compromettre son élection, si elle devait être condamnée.
L'ancien ministre Clément Beaune a déjà annoncé qu'il voterait pour Grégoire, plaidant pour la "probité" et le "refus de la brutalité en politique". De son côté, le parti Renaissance soutien la candidature de Dati, tout comme Edouard Philippe.
Mais le vote de Sophia Chikirou reste un autre mystère, surtout après qu'elle a choisi de maintenir sa candidature. Quatre électeurs Insoumis sur dix sont encore indécis, ajoutant une couche d'incertitude cruciale à cette élection.
Le report massif des électeurs de l'ancienne candidate d'extrême droite, Sarah Knafo, aura également son importance, tant vers Dati semble-t-il inévitable après son retrait.
À l'arrière-plan de cette course se profile le scandale des agressions dans les écoles, qui pourrait peser sur le scrutin. Deux animateurs et un proche d'une institutrice sont sous le coup d'interpellations pour des faits graves ayant touché des enfants.
La gauche souligne par ailleurs le soutien de l'extrême droite à Dati, alors que Jordan Bardella et Marine Le Pen appellent à battre Grégoire. "Sans l'aide de l'extrême droite, Dati n'a aucune chance", a affirmé Grégoire, dénonçant une "capitulation" des valeurs historiques de la droite parisienne.
Des allégations ont également été faites concernant des interventions de l'Élysée dans cette campagne. Selon des sources, Emmanuel Macron aurait tenté d'influencer le retrait de Knafo, ce que l'Élysée dément fermement.
Avec tant de rebondissements, le résultat du scrutin de dimanche reste ouvert, et le climat politique à Paris est plus intense que jamais.







