Les champs cultivés par des agriculteurs de la baie du Mont Saint-Michel sont actuellement inondés, avec des pluies continues menaçant la récolte des légumes. Yannick Frain, un cultivateur installé à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine), témoigne de la détérioration de ses cultures biologiques, notamment de ses carottes.
Voilà, une carotte qui a pourri
, dit-il, en montrant un légume dont la texture est devenue flasque. À la tête de 10 hectares de carottes et de pommes de terre, il affirme : Nous subissons dépression sur dépression. Les sols sont complètement saturés; l'eau stagne, ce qui est dramatique pour nos récoltes.
Selon ses dernières estimations, s'il n'arrive pas à récolter sous dix jours, il risque de perdre trois hectares de sa production, soit entre 20 et 30 % de ses légumes.
quatrième génération de cultivateurs
Yannick Frain représente la quatrième génération de son exploitation familiale. Ce coin de pays, avec ses terrains plats et sa nappe phréatique proche de la surface, est traditionnellement dédié à l'agriculture. Mais aujourd'hui, la situation est alarmante : Nous devons arrachons les légumes à la main car il est impossible d'utiliser notre matériel, trop lourd pour les conditions présentes.
À proximité, son homonyme, Olivier Frain, cultivateur de 29 hectares de poireaux, confirme ces difficultés. Je perds 1 000 € par jour à cause de la mauvaise météo
, avoue-t-il en précisant que ses coûts de production explosent à cause des conditions humides. Il a également dû investir dans un matériel spécial pour travailler sur des sols détrempés.
la détresse des cultivateurs
Les agriculteurs expriment leur désespoir face à cette situation, où des champs sont devenus impraticables. Richard Fontaine, installé à Saint-Méloir-des-Ondes, déclare : Je n'ai jamais vu une telle situation depuis que je cultive.
Les craintes grandissent quant à l'avenir des exploitations, déjà fragilisées par les fluctuations du marché.
Vendredi dernier, le prix du poireau bio était de 0,60 €/kg. Pour que les agriculteurs puissent s'en sortir, il faudrait un prix d'au moins 1 €/kg. Pourquoi continuer à récolter à perte alors que cela abîme nos sols?
se demande-t-il, laissant transparaître un sentiment de révolte.
Dans ce climat de crise, les cultivateurs lancent un appel aux consommateurs pour soutenir l'achat de produits français. Si nous perdons cette récolte, les grandes surfaces se tourneront vers des produits étrangers, ce qui serait catastrophique pour nos exploitations
, conclut Yannick Frain.







