L'économiste Thomas Piketty, reconnu pour ses analyses sur les inégalités, a su captiver l'attention des médias avec sa thèse claire et séduisante. Selon lui, les sociétés occidentales ont connu une concentration extrême des richesses au début du XXe siècle, suivie d'une diminution marquée grâce à des réformes fiscales progressistes et à l'émergence de l'État-providence.
Cependant, Piketty soutient que depuis les années 1980, ce processus de réduction des inégalités s'est renversé, impulsé par la dérégulation financière et l'affaiblissement de la progressivité fiscale. Sa conclusion est sévère : seule une imposition fortement progressive pourra atténuer les inégalités croissantes. Cependant, l'économiste Vincent Geloso remet en question cette vision dans une récente publication du think tank The Centre for Enterprise, Markets and Ethics.
Geloso argue que Piketty opère une lecture biaisée des données fiscales, minimisant un fait essentiel : la baisse des inégalités a commencé avant 1914, bien avant que les politiques redistributives ne soient mises en place. Sa théorie sur la réduction marquée des écarts de richesse pourrait être optimiste, notamment puisqu'elle s'est réalisée principalement entre 1929 et 1935, durant la Grande Dépression, période où l'appauvrissement touchait une grande partie de la population, comme le note également le rapport du CEME.
Autre point soulevé par Geloso : les dynamiques de marché et la croissance économique sont souvent éclipsées dans les analyses de Piketty, qui semblent suggérer que le bien-être collectif ne dépend que d'interventions étatiques. En concluant, Geloso affirme que les travaux de Piketty relèvent davantage de la fable politique que d'une étude rigoureuse de l'histoire économique.







