Dans la capitale du Burkina Faso, la quête d'un repas abordable se heurte à l'utilisation générationnelle de sachets en plastique, qui demeurent largement répandus malgré leurs risques pour la santé et l'environnement, soulignent les rapports de “Studio Yafa”.
Quartier Zogona. À 17 heures, alors que les travailleurs rejoignent leurs foyers, la rue s'anime sous le bruit des véhicules et des cyclomoteurs. Un étal de couleur bleue se dresse sous l'ombre d'un arbre, occupé par trois jeunes femmes vendant des galettes de mil. Les clients s'arrêtent, achètent leur nourriture, souvent conditionnée dans des sachets plastiques.
Sur place ou à emporter ?
À 800 mètres, dans le quartier 1 200 Logements, Adjara, une femme d'une cinquantaine d'années, gère un petit commerce. Devant elle, des glacières emplies de bouillie chaude et des sachets prêts à l'emploi accueillent les clients. À chaque demande, elle remplit habilement un sachet de liquide chaud, créant un emballage cylindrique.
Ryan Coulidiati, élève en classe de 3ᵉ, témoigne :
“La bouillie dans un sachet pour emporter, un bol pour manger sur place.”
L'absence d'alternatives viables incite de nombreux clients, comme Mme Dabiré ou Boubacar Samaké, à continuer d'utiliser ces sachets. Ils sont pourtant conscients des dangers. Le Dr Karim Kombasséré, médecin en santé communautaire, alerte sur les risques sanitaires liés à ce mode d'emballage :
“La chaleur débloque des particules plastiques nocives qui peuvent induire des maladies graves.”
Vers une interdiction des sachets plastiques
La loi n° 045-2024/ALT, entrée en vigueur le 30 décembre 2024, interdit l'importation et la commercialisation de sachets plastiques. Mme Tapsoba, vendeuse de beignets, se dit prête à s'adapter, mais souligne le manque d'alternatives adéquates et abordables.
“Nous voulons changer, mais il nous faut des solutions pratiques.”
Myriam Aman Wédraogo, ambassadrice adjointe du Burkina Faso à Nairobi, a déclaré lors d'un discours à Paris que plus de 90 % des emballages alimentaires de rue sont encore en plastique. Ce constat met en lumière un défi urgent : la transition vers des pratiques d'emballage durable.
Au-delà des lois, un changement individuel est nécessaire pour allier protection environnementale et santé publique. Les Burkinabè doivent s'unir pour surmonter cette dépendance aux sachets plastiques et envisager une alternative viable. Le chemin vers un avenir sans plastique est encore long, mais chaque petite action compte.







