Les télévisions locales annoncent une victoire écrasante du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) après les élections législatives du 13 février, les premières depuis la chute du régime de Sheikh Hasina à l’été 2024.
« La victoire était attendue », a déclaré Salahuddin Ahmed, un responsable du BNP, à l’Agence France-Presse (AFP). « Le peuple a manifesté sa confiance envers un parti véritablement engagé pour l’avenir du Bangladesh », a-t-il ajouté, en référence aux aspirations de la jeunesse lors des récentes émeutes.
À 7 h 30, lors du décompte initial des voix, le BNP aurait remporté 212 des 300 sièges du Parlement, établissant ainsi une large majorité. En comparaison, la coalition dirigée par le Jamaat-e-Islami n'aurait pris que 70 sièges et n'a pas encore commenté la situation.
Les États-Unis ont félicité le BNP pour sa « victoire historique » et se sont montrés optimistes quant à une collaboration future pour la prospérité du pays.
Bien que le dépouillement soit encore en cours, aucune déclaration officielle de la commission électorale n'a été faite à ce moment.
Tarique Rahman sur la voie du poste de Premier ministre
Un partisan du BNP, Md Fazlur Rahman, a exprimé son enthousiasme face aux résultats préliminaires. « Nous participerons activement à la reconstruction sous la direction de Tarique Rahman », a-t-il affirmé, rappelant les souffrances vécues par le peuple au cours des 17 dernières années.
Déjà confiant avant même la fermeture des bureaux de vote, Tarique Rahman, qui revient d’un exil de 17 ans au Royaume-Uni, a réitéré ses espoirs d'obtenir une majorité suffisante pour gouverner sereinement.
À 60 ans, il est le fils d'une famille politique influente, ayant pris les rênes du BNP suite au décès de sa mère Khaleda Zia, ancienne Première ministre.
Son principal concurrent, Shafiqur Rahman du Jamaat, aspire à devenir le premier Premier ministre islamiste du Bangladesh, un pays majoritairement musulman.
Dans une déclaration, le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a appelé à la tolérance et au respect des pratiques démocratiques dans un message poignant d'unité.
Une fervente participation électorale
Malgré une période tumultueuse marquée par la violence, le scrutin s'est déroulé essentiellement sans incidents, grâce à une présence policière renforcée dans tout le pays. Les électeurs ont exprimé leur soulagement de pouvoir exercer leur droit de vote, une première depuis l’élection de Sheikh Hasina en 2009, qui avait été marquée par des fraudes.
Un électeur, Mahfuz Rahman, a exprimé sa satisfaction face à ce changement palpable : « Le changement est en marche ». Les jeunes, qui constituent une part majoritaire des électeurs, sont particulièrement impatients de réformes, étant donné les défis économiques actuels. Une étudiante de 21 ans, Shithi Goswami, a déclaré : « C'est mon premier vote et j'espère que cela apportera des lentilles positives ».
Les électeurs étaient également appelés à se prononcer sur des réformes institutionnelles visant à prévenir des régimes autoritaires, et un large soutien était anticipé pour les propositions. Pendant ce temps, Sheikh Hasina, exilée en Inde et condamnée pour la répression de 2024, a dénoncé le scrutin comme « illégal et inconstitutionnel ».







