La montée des courants autoritaires se fait sentir à l'échelle mondiale, même au sein des démocraties les plus solides, notamment en Europe, aux États-Unis et en Israël. Dans un contexte où le recours au droit international semble de plus en plus remplacé par la guerre ou la menace de celle-ci, ceux qui sont censés défendre la démocratie apparaissent souvent désarmés et fatalistes. Le sociologue Michel Wieviorka met en lumière ce phénomène et son impact sur notre conception de la démocratie.
La décomposition des valeurs démocratiques ne peut être attribuée à une seule cause, mais résulte d'une série de facteurs interconnectés qui varient selon les pays. Un constat inquiétant : même dans des sociétés où les droits humains sont établis, la manipulation des idéaux démocratiques par des factions autoritaires se renforce. Les exemples historiques, tels le fascisme et le nazisme, illustrent comment la violence et la terreur peuvent être employés pour subvertir les fondements démocratiques.
En outre, la démocratie repose sur l'État de droit, avec des lois et des institutions respectées par tous. Cependant, lorsque ceux qui détiennent le pouvoir ne parviennent pas à répondre aux attentes, une perte de légitimité s'installe et peut pousser certains électeurs vers les extrêmes. Ce phénomène n'est pas uniquement lié à la promesse d'un retour à l'ordre, mais à une quête désespérée d'alternatives face à des élites jugées défaillantes.
Les dangers de la xénophobie et du nationalisme
La situation actuelle est accentuée par le sentiment de précarité et de mépris ressenti par de nombreux citoyens qui voient leur statut social se détériorer. Ce climat engendre des discours qui désignent les immigrés comme boucs émissaires, alimentant ainsi des tensions raciales et sociales. Dans ce contexte, l'identité nationale devient un phare pour les désespérés, favorisant le rejet des lois internationales et des principes de coopération multilatérale.
Enfin, il convient de réfléchir à nos mentalités. Une approche démocratique peut limiter notre capacité à envisager des réactions autoritaires face à ceux qui menacent ces valeurs. Des événements tragiques, comme le coup d'État de Jaruzelski en Pologne ou l'assaut du Capitole aux États-Unis, rappellent que la vigilance est cruciale. L’élection de leaders aux antécédents douteux, comme dans le cas de Javier Milei en Argentine, souligne que l'attrait pour le populisme peut surgir dans des moments de désespoir.
La réalité est que la crise de la démocratie se manifeste aussi dans nos esprits. Ignorer cela pourrait mener à des conséquences calamiteuses pour nos sociétés.







