Le yen japonais a chuté à un niveau alarmant ce lundi, atteignant 161,94 yens pour un dollar. Cette baisse, la plus importante en 40 ans, s'explique par un écart croissant entre les taux d'intérêt américains, qui devraient continuer à augmenter, et ceux du Japon, traditionnellement bas.
A 15h15 GMT (17h15 à Paris), la monnaie nipponne a enregistré une perte de 0,12%. Des anticipations concernant une hausse des taux par la Réserve fédérale (Fed) sont au cœur des préoccupations des investisseurs, marquant un tournant dans l'évaluation de la politique monétaire américaine. Selon Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades, "les acteurs du marché s'attendent de plus en plus à une remontée des taux, une perspective qui n'existait pas avant la crise liée au Moyen-Orient."
La Banque du Japon (BoJ), de son côté, a récemment augmenté son taux directeur à 1% pour faire face à la faiblesse du yen. Toutefois, plusieurs experts estiment que la banque centrale reste prudente et ne montre pas une volonté forte de resserrer davantage sa politique monétaire. "Le gouvernement encourage toujours des niveaux d'emprunt bas, ce qui complique les efforts pour stabiliser la monnaie", a commenté un autre analyste.
Le dollar face à l'euro en mouvement
En parallèle, le dollar a fléchi de 0,32% face à l'euro, s'établissant à 1,1421 dollar. Bien que la situation au Moyen-Orient puisse faire grimper le prix des hydrocarbures, le marché semble optimiste quant à une résolution des conflits en cours, ce qui, selon Francesco Pesole d'ING, "empêche un rebond significatif des prix du pétrole."
Le forum des banquiers centraux, qui débute ce lundi sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal, attend le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh. Ce panel pourra offrir un aperçu sur l'avenir des ajustements monétaires.
Des chiffres clés, notamment ceux relatifs à l'inflation et aux créations d'emplois aux États-Unis, sont aussi très attendus cette semaine, alors que la pression sur le dollar continue d'affecter les marchés, notamment l'or, qui a reculé de 1,51% à 4.026,70 dollars l'once.







