"Il faisait 47 degrés chez elle": plusieurs personnes âgées isolées ont été retrouvées mortes, victimes de la canicule, comme l'ont constaté des témoins, soignants et services funéraires ce lundi. Ce phénomène tragique soulève des interrogations sur le soutien apporté aux plus vulnérables.
Thierry Vanwesemael, agent de maintenance en Ehpad, raconte avec émotion le cas de sa tante, âgée de 80 ans, qui vivait dans un appartement situé au quatrième étage d'un immeuble parisien, sous les combles et sans ascenseur. "Elle voulait rester à Paris, malgré les conditions" explique-t-il à l'AFP. Malheureusement, ses efforts pour rester dans son foyer se sont révélés fatals.
Inquiet de ne pas avoir de nouvelles, M. Vanwesemael a permis aux pompiers de pénétrer dans l'appartement. Il aurait été trop tard, car son étudiante était déjà décédée. "Il n'y a pas de place, nulle part", déplore-t-il, relations à la situation précaire du secteur des pompes funèbres en cette période de crise.
Un rapport de SOS Médecins révèle qu'il y a eu une augmentation de 3,5 fois des décès constatés lors des visites à domicile durant le week-end. Daniel Guillerm, président du syndicat des infirmiers libéraux, souligne qu'un nombre significatif de ceux-ci concernent des personnes isolées, souvent sans suivi médical.
"Ce sont des voisins qui alertent les secours lorsqu’ils ne reçoivent pas de nouvelles", témoigne-t-il, ajoutant que la plupart de ces décès sont souvent évitables. Les statistiques sont alarmantes, et Fabrice Brivady, infirmier libéral en Charente-Maritime, constate une hausse dramatique des demandes de certificats de décès, indiquant que les personnes touchées étaient souvent totalement isolées.
"Le gouvernement doit mieux intégrer les infirmiers libéraux dans les plans de santé publique", plaide M. Brivady. D'importants efforts de prévention sont nécessaires, comme organiser des visites auprès des personnes recensées dans les municipalités ou des malades chroniques. Ces recommandations sont essentielles, en particulier durant les vagues de chaleur.
Le ministère de la Santé a exprimé ses préoccupations face à cette situation tragique. Les décès à domicile ont augmenté de 40%, surtout parmi les seniors, selon Santé publique France. Les chiffres sont alarmants, et Elisabeth Charrier, de la Fédération nationale du Funéraire, indique que les chambres funéraires sont actuellement en saturation, alors que les décès à domicile représentent désormais plus de 50% des cas.
Dans cette période de crise, il est impératif d'agir pour protéger les plus vulnérables parmi nous. Les tragédies révélées par cette canicule devraient être un appel à l'action pour une meilleure surveillance et un soutien accru des seniors isolés.







