La célèbre marque d'eau minérale Volvic a récemment été déclarée coupable de "pratiques commerciales trompeuses" par le tribunal judiciaire de Paris. En cause, les mentions telles que "neutre en carbone" et "100% recyclables" figurant sur ses bouteilles, comme l'a rapporté l'agence AFP.
Selon les explications fournies par Danone, propriétaire de la marque, la société conteste vigoureusement la décision du tribunal, affirmant que les pratiques en question respectaient les normes et usages en vigueur à l'époque. "Volvic envisage de faire appel de cette décision", a précisé le groupe dans un communiqué.
Cette affaire a été initiée par l'association de consommateurs CLCV (Consommation, Logement, Cadre de Vie), qui a salué un "jugement historique". La décision du tribunal souligne pour la première fois l'importance des allégations telles que "neutre en carbone" et "100% recyclable" dans le secteur des biens de consommation courante.
Le tribunal a relevé que les déclarations de Volvic, notamment celles concernant la neutralité carbone, étaient potentiellement trompeuses. Les juges ont noté que les émissions générées par la production des bouteilles ne sont pas entièrement compensées par les absorptions déclarées. Ce constat remet en question la validité des allégations faites par la marque.
Danone a expliqué que ces mentions reposaient sur une certification obtenue en 2020 auprès de l'organisme Carbon Trust, mais cette certification a pris fin en septembre 2023. La société engage désormais une réévaluation de ses pratiques pour s'assurer de leur conformité avec les attentes réglementaires en matière de neutralité carbone.
Volvic s'est fixée pour objectif de réduire ses émissions mondiales de carbone de 35 % d'ici 2030 par rapport à 2020. Toutefois, le tribunal a également pointé du doigt les mentions "100% recyclée" et "100% recyclable", précisant que les bouteilles ne sont que partiellement recyclées et que les matériaux d'étiquetage ne sont pas intégralement recyclables.
Par ailleurs, le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), dont fait partie CLCV, a récemment déposé une plainte auprès de la Commission européenne concernant les allégations environnementales liées aux bouteilles en plastique, soulignant ainsi une préoccupation croissante pour la transparence et la vérité dans le secteur.







