La marque d'eau minérale Volvic a été reconnue coupable de « pratiques commerciales trompeuses » par le tribunal judiciaire de Paris, ayant mentionné sur ses emballages que ses bouteilles étaient "neutres en carbone" ou "100% recyclables", selon une décision rapportée par l'AFP.
Interrogeant par l'AFP, le groupe agroalimentaire Danone a indiqué que Volvic, dont il est propriétaire, conteste tant le raisonnement que la conclusion du tribunal. Selon Danone, les pratiques passées étaient conformes aux textes et usages de l'époque et ajoute que Volvic fera appel du jugement.
À la suite d'une plainte déposée par l'association CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie), la justice a jugé que les allégations inscrites sur les bouteilles Volvic étaient trompeuses. Le tribunal a ordonné à l'entreprise de verser 75.000 euros à CLCV et de publier le jugement sur sa page d'accueil pendant une durée de six mois.
Dans un communiqué, CLCV a salué un « jugement historique » fixant un standard qui ambitionne de protéger le consommateur en clarifiant la signification des termes « neutre en carbone » et « 100% recyclable » concernant les produits de grande consommation.
Volvic conteste
Le tribunal a noté que la compensation des émissions de carbone générées lors de la production des bouteilles n'était pas entièrement couverte par des absorptions. Il a donc jugé que les mentions « neutre en carbone » pouvaient induire en erreur les consommateurs. En réplique, Danone a souligné que cette allégation s'appuyait sur une certification d'un organisme reconnu, Carbon Trust, jusqu'à ce qu'elle soit suspendue en septembre 2023, incitant ainsi la société à réévaluer ses engagements de neutralité carbone.
Le groupe s'est engagé à réduire ses émissions de carbone de 35% d'ici 2030 par rapport à 2020, affirmant mettre tout en œuvre pour répondre aux exigences réglementaires actuelles.
Sur les mentions « 100% recyclée » et « 100% recyclable », le tribunal a également mis en avant que les bouteilles ne sont que partiellement recyclées et que les étiquettes, y compris leurs colles et encres, ne satisfaisaient pas aux critères de recyclabilité totale.
Dans une démarche plus large, en novembre 2023, le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), dont fait partie CLCV, a déposé une plainte auprès de la Commission européenne concernant les allégations environnementales sur les bouteilles en plastique.







