En dépit d'une augmentation de 4,3% de son chiffre d'affaires, atteignant 128 milliards d'euros en 2025, le secteur de la restauration affiche sa plus faible progression de fréquentation depuis la pandémie de Covid-19, comme le souligne une étude du cabinet Gira Conseil parue récemment.
La restauration commerciale (chaînes, groupes, bars-brasseries) domine le marché, générant 58,7% du chiffre d'affaires total. Viennent ensuite les commerces alimentaires alternatifs, tels que boulangeries et snacking, à 19,8%, et enfin la restauration collective, qui représente 17,3%. Les secteurs restants, incluant la restauration hôtelière et automatique, contribuent moins de 4% globalement.
Le cabinet Gira Conseil observe une intensification de la compétition sur ce marché, notant une hausse de 2,1% des points de vente, qui dépassent désormais 415.500 en 2025. Toutefois, la fréquentation ne progresse que de 1%, marquant ainsi un tournant significatif dans l'industrie.
Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira, résume : "Ce n'est pas une année de crise, mais un moment charnière, symbolisant une sélection naturelle dans le secteur."
Dans un environnement de plus en plus polarisé, environ 60% des entreprises constatent une augmentation de la fréquentation oscillant entre 8 et 15%, tandis que 40% éprouvent des difficultés, affichant des baisses de -30 à -10%. Environ 100 restaurants ferment chaque année, contre 130 qui ouvrent, selon Boutboul.
Le déjeuner à la boulangerie
"Nous sommes indéniablement sur un marché saturé, non pas dans le segment des restaurants traditionnels, mais plutôt dans celui de la restauration rapide et des alternatives alimentaires," analyse-t-il, rappelant le contexte inflationniste actuel.
Les récents hausses de prix coïncident avec une diminution progressive du pouvoir d'achat des Français, un phénomène déjà amorcé au milieu de l'année 2025.
"Actuellement, le leader du déjeuner des travailleurs en France, quelles que soient leurs régions, c'est la boulangerie locale," souligne M. Boutboul. Ces établissements ont su diversifier leurs propositions, allant au-delà des simples sandwichs en intégrant des plats cuisinés, quiches, pizzas et salades.
En revanche, certains restaurants traditionnels, tels que les bouillons et tables bistronomiques, continuent d'attirer une clientèle jeune en quête d'authenticité et de qualité culinaire.







