Le secrétaire d'État américain Marco Rubio prépare une rencontre cruciale avec les représentants de l'Australie, de l'Inde et du Japon pour relancer le "Quad", une alliance scrutée avec méfiance par la Chine. Ce sommet, qui se déroule à New Delhi, se tient dans un contexte de désaccords récurrents concernant l'Iran et de préoccupations sur l'implication des États-Unis dans la région.
Cette réunion suit de près la visite en Chine du président américain Donald Trump, qui a évoqué un partenariat stratégique avec Pékin sous le terme de "G2". Ce concept suscite des craintes parmi les alliés des États-Unis, qui redoutent d'être relégués sur la scène mondiale. Les experts de l'International Relations Institute soulignent que cette dynamique pourrait accentuer les tensions entre l'Inde et la Chine, créant un climat d'instabilité économique.
M. Rubio a déjà souligné l'importance symbolique de rassembler les ministres des Affaires étrangères du Quad, dès sa prise de fonctions l'année dernière. Cependant, un sommet prévu n'a pas eu lieu, car M. Trump n’a pas confirmé sa participation à un rendez-vous crucial en Inde, alors que son prédécesseur, Joe Biden, assurait que ces rencontres étaient essentielles et de longue durée.
Lors de sa visite en Inde, Rubio a exprimé son souhait d établir les bases d'un sommet impliquant une participation active de M. Trump. "Nous voulons garantir des résultats tangibles lors de leurs rencontres", a-t-il déclaré à India Today.
Une des priorités évoquées par Rubio est la coopération dans la sécurisation des ressources minérales essentielles, un domaine où les États-Unis cherchent à contrer l'influence croissante de la Chine. Les experts estiment que cette approche est cruciale pour préserver les chaînes d'approvisionnement technologiques.
M. Rubio a également abordé la nécessité d intensifier la collaboration en matière de sécurité maritime, en réponse aux inquiétudes japonaises face aux tensions en mer de Chine. Le Japon et l'Inde ont grandement ressenti l'impact de la montée des prix du pétrole, exacerbée par les décisions stratégiques de l'Iran dans le détroit d'Ormuz.
Sur le plan diplomatique, aucun allié des États-Unis, à l'exception d'Israël, n'a apporté un soutien indéfectible à l'intervention militaire américaine en Iran, ce qui a posé des questions sur la fiabilité des partenariats. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a tenté de montrer une certaine compréhension envers la guerre, mais sans offrir de soutien direct, attirant ainsi les critiques de M. Trump.
Traditionnellement, le Japon et l'Inde ont maintenu des relations constructives avec Téhéran, même si ces pays ont dû se conformer aux sanctions américaines imposées sur les importations de pétrole iranien. Toshimitsu Motegi, le ministre japonais des Affaires étrangères, a souligné lors d'un échange avec son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, l'indispensabilité de s'attaquer à des enjeux de sécurité mondiale de plus en plus préoccupants.
Lors d'un meeting avec Rubio, Jaishankar a minime les réticences sur l'implication américaine dans le Quad, rappelant le soutien fort de Trump lors de son mandat précédent. Ce contexte rend le rôle du Quad plus pertinent que jamais, surtout face à la montée en puissance de la Chine en Asie-Pacifique. M. Biden, après son élection, a mis l'accent sur une coopération renforcée entre alliés, intégrant des domaines variés comme la réponse aux catastrophes naturelles et la santé publique.







