Le conflit autour de l'enseigne Master Poulet à Saint-Ouen transcende largement les frontières de cette commune. Un sondage Ifop, réalisé en mai 2026, indique que 52% des Français, et 68% des habitants de l'Île-de-France, ont entendu parler de cette controverse opposant le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, et la chaîne de fast-food.
Cette affaire prend une ampleur notable, attribuée à l'écho médiatique qu'elle suscite. Pour rappeler le contexte, le maire PS a formé un opposition juridique à l'enseigne canadienne, craignant une dégradation des conditions de vie pour les habitants environnants et dénonçant les dangers de la "malbouffe".
Un soutien populaire marqué
Il ressort de l'enquête que plus de la moitié des Français (55%) approuvent les efforts du maire, avec 23% exprimant un soutien total. La majorité des ouvriers (75%) et des habitants de banlieues populaires (61%) s’alignent derrière lui, tandis que le soutien est moins marqué chez les classes plus favorisées.
"Les résultats de ce sondage permettent de relativiser certaines critiques visant le maire, notamment celles autour d'un supposé mépris de classe", souligne l'Ifop.
De plus, 67% des répondants disent ne pas vouloir d'un fast-food comme Master Poulet dans leur rue, et 56% s’y opposeraient même dans leur quartier. Ce taux diminue légèrement à 47% si l’enseigne était implantée ailleurs au sein de la même commune.
S selon l'Ifop, il apparaît que les Français ne sont pas opposés aux fast-foods en général ; leur résistance se concentre lorsqu'il s'agit d'une installation près de chez eux. Ce phénomène est également observé chez les partisans de La France Insoumise (47% s’opposent à une telle implantation) et chez les écologistes (62%).
Cependant, l’importante portée des actions de Karim Bouamrane semble rassembler davantage de supporters parmi ceux du mouvement Renaissance (66%) et des Républicains (63%) comparativement aux électeurs de gauche. L'appui se répartit entre 61% des électeurs PS, 45% des sympathisants de LFI, et 42% des écologistes.
Vers une régulation des fast-foods ?
Malgré l’affirmation croissante des oppositions face à ces types d’enseignes, un constat demeure : les nuisances réelles — bruit, odeurs, et livraisons tardives — sont des préoccupations majeures pour la population locale. François Kraus, directeur de l'Ifop, note que “les maires qui s'opposent à la prolifération des fast-foods évoquent plutôt des préoccupations concrètes que des idéologies.”
En effet, près de la moitié des Français (50%) soutiennent la régulation du développement de ces établissements, tandis que 18% sont en faveur de la libre installation. Ce phénomène souligne que bien que des réticences existent, elles ne traduisent pas une demande sociale clairement structurée.
*Le sondage a été réalisé en ligne du 6 au 7 mai 2026, auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus.







