Ce mercredi 13 mai, Hacène Larbi a été condamné à 12 ans d'incarcération pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime". Ce jugement intervient après plusieurs jours de débats devant le tribunal correctionnel de Paris, où il était accusé d'avoir orchestré, depuis sa cellule, l'assassinat avorté d'un homme à Marseille.
La présidente du tribunal a qualifié les actes de Larbi de "particulièrement graves", soulignant une "quête d'excitation criminelle" et précisant que le moment de sa réinsertion n'était pas encore venu. Cette décision reflète la gravité de son historique criminel, marqué par 19 condamnations, dont une absence d'empathie, selon la procureure qui a plaidé pour une peine sévère.
Un assassinat avorté
Au cours de l'événement de juin 2023, un jeune de 17 ans, engagé via les réseaux sociaux, a été intercepté à Marseille par une femme qui a participé à la logistique du projet, fournissant armes et refuge. Lors de la mission, l'adolescent a blessé un passant avec un couteau et a fui, seulement pour être dénoncé par un appel anonyme émis depuis le téléphone utilisé par Larbi en détention.
La procureure a décrit cette violence comme "non seulement organisée, mais aussi ubérisée", indiquant que des jeunes précaires étaient exploités pour réaliser de tels actes, cherchant à imiter les codes de la violence réelle. À l'audience, Hacène Larbi n'a pas hésité à rejeter la responsabilité sur le jeune qu'il avait recruté.
"Je ne savais pas qu'il était mineur"
Concernant le mineur, Larbi a déclaré, "s'il n'est pas capable de mener à bien sa mission...", en référence aux trois tentatives de suicide de ce dernier depuis l’incident. La présidente a rappelé que diverses expertises avaient constaté une altération du discernement du mineur durant l’acte.
Larbi a argué qu'il ignorait l'âge du jeune homme au moment des faits, insinuant qu'il était parfaitement conscient de la gravité de ses actes. Concernant son lien avec la DZ Mafia, ou l'absence de ceux-ci, la présidente a souligné une "dangerosité certaine" présumée. Larbi a prétendu avoir quitté l'organisation criminelle en 2021, affirmant qu'il ne se considérait pas comme un voyou mais plutôt comme quelqu'un qui défend ses propres intérêts.
Le jeune homme impliqué dans cette affaire est prévu d’être jugé en juin par le tribunal pour enfants, et le résultat de cette enquête soulève de nombreuses questions sur la violence et l’influence des gangs à Marseille, comme l’analyse l'expert en criminalité urbaine interrogé par Le Monde.







