En route vers une sixième année consécutive dans le vert ? D'après un document interne obtenu par nos soins, le groupe SNCF affiche des objectifs financiers audacieux pour 2026, prévoyant un résultat net de 2,3 milliards d'euros, une hausse significative par rapport aux 1,8 milliard de l'année précédente et 1,5 milliard en 2024. Ce serait un nouveau record pour l'entreprise.
La SNCF entend profiter de l'engouement croissant des consommateurs pour le train, surtout dans un contexte où les prix du carburant et des billets d'avion continuent d'augmenter. Ces éléments devraient venir compenser des obstacles tels que les retards dans la livraison des TGV M, qui arriveront progressivement à partir de juillet, ainsi que l'intensification de la concurrence sur l'axe Sud-Est, notamment avec l'écran de Trenitalia visant Lyon et Marseille.
Bien que le groupe anticipe une légère hausse de 2% du trafic TGV domestique, la croissance s'appuiera principalement sur l'augmentation des capacités de l'offre low cost Ouigo, qui devrait enregistrer une progression de 9% cette année, et le succès des trains Intercités, qui affichent également une hausse de 4%. À l'international, la croissance demeurera robuste, avec une augmentation de 3% pour l'Eurostar et 18% pour Ouigo España.
Plus de 44 milliards d'euros de chiffre d'affaires visés
Au total, la SNCF vise un chiffre d'affaires de 44,5 milliards d'euros en 2026 (dont 20,5 milliards pour SNCF Voyageurs), en hausse par rapport aux 42,9 milliards de l'année précédente (+3,7%). Il s'agirait d'un autre record historique.
L'Ebitda devrait également atteindre 7,9 milliards d'euros, contre 7,6 milliards en 2025, représentant une performance sans précédent, même si sa croissance sera limitée par rapport à celle du chiffre d'affaires.
Comme chaque année, les bénéfices des différentes filiales, notamment ceux de SNCF Voyageurs, seront utilisés pour soutenir le fonds de concours destiné à SNCF Réseau, en plus des péages acquittés par les opérateurs. Cette mesure est d'autant plus pressante dans le cadre des discussions autour de la future loi-cadre sur les transports, qui propose que les concessions autoroutières contribuent au financement du rail dès 2032.
Détérioration du climat social
Les syndicats dénoncent le fait que les cheminots ne profitent pas des résultats financiers prometteurs, soulignant que SNCF Voyageurs est défavorisé par la combinaison des péages à verser pour accéder aux infrastructures et l'impact des contributions sur ses bénéfices. Des voix comme celles de la CGT et de Sud Rail affirment que c'est à l'État d'assurer le financement des infrastructures, qui sont de nature publique et non à la charge de la SNCF.
Les objectifs de la SNCF pourraient être entravés par une dégradation du climat social, exacerbée par l'accélération de la filialisation de l'entreprise et les conditions de travail jugées de plus en plus difficiles. Des préavis de grève ont été déposés pour le 10 juin, marquant une première épreuve de force pour le nouveau président, Jean Castex.







