Les prix du pétrole affichent une tendance haussière ce lundi, à la suite du rejet par Donald Trump des réponses iraniennes aux propositions américaines visant à apaiser les tensions dans la région. Les investisseurs demeurent toutefois prudents avant un sommet stratégique entre la Chine et les États-Unis.
Dans un message publié sur Truth Social, Trump s'est montré très critique : "Je viens de lire la réponse des soi-disant +représentants+ de l'Iran. Je ne l'aime pas — C'EST TOTALEMENT INACCEPTABLE!" Cette déclaration confirme les appréhensions quant à l'impasse persistante sur les négociations, notamment autour des questions liées au nucléaire et à l'enrichissement d'uranium. Stephen Innes, analyste chez SPI AM, souligne que ces sujets continuent de freiner les démarches de désescalade.
Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources bien informées, l'Iran serait prêt à rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz tout en demandant la levée du blocus de ses ports par la marine américaine. Cependant, leur proposition ne consisterait qu'à "diluer" une partie de son uranium enrichi, le reste étant envoyé dans un "pays tiers".
La durée du moratoire sur les activités nucléaires reste également en débat. "Le marché évoque une proposition iranienne de cinq ans, alors que les États-Unis prétendent vouloir un moratoire de vingt ans", indique Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.
D'autre part, le ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré lundi que Téhéran exigeait la fin des conflits dans la région, y compris au Liban, ainsi que le déblocage de ses avoirs gelés dans le cadre de sa réponse aux États-Unis.
Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le baril de Brent pour livraison en juillet enregistrait une augmentation de 2,60%, atteignant 103,92 dollars. Le West Texas Intermediate, équivalent américain, progressait de 2,28% pour s'établir à 97,60 dollars.
Même dans l'hypothèse d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, les analystes de la Société Générale estiment qu'un "réel soulagement pour le marché" ne se ferait pas sentir avant 45 à 50 jours, le temps nécessaire pour que la production et le trafic maritime retrouvent leur rythme normal.
En parallèle, la question iranienne devrait également être abordée lors des discussions entre les présidents américain et chinois cette semaine à Pékin. Varga ajoute que "des concessions américaines sur Taïwan pourraient amener la Chine à faire pression sur l'Iran pour rouvrir le détroit", mais que des exigences commerciales excessives de la Chine pourraient compliquer la situation avec Trump.







