La nouvelle directrice générale de Sanofi, Belen Garijo, a débuté son mandat avec des engagements fermes concernant une "clarté stratégique" cruciale pour l'avenir du groupe. Lors de son discours à l'assemblée générale qui a validé sa nomination, Garijo a insisté sur l'importance de relancer l'innovation dans un contexte où l'entreprise fait face à de nombreuses questions sur sa capacité à évoluer.
Mme Garijo, qui a précédemment dirigé Merck, a affirmé : "Sanofi possède tous les atouts nécessaires, mais il est impératif d'établir des priorités claires". Ses commentaires ont suscité un vif intérêt chez les investisseurs, surtout après l'éviction surprise de son prédécesseur, Paul Hudson, dont le mandat a été abruptement interrompu par le conseil d'administration pour gagner du temps, a expliqué Frédéric Oudéa. Jusqu’à la prise de fonction de Garijo, Olivier Charmeil assurait l'intérim.
Dans un mélange d'anglais et de français, Garijo a mis en lumière la nécessité de se concentrer sur la recherche et le développement, une position attendue par les observateurs, alors que l'inquiétude plane sur la capacité de Sanofi à introduire de nouveaux médicaments emblématiques. Le précédent mandat de Hudson a cependant été marqué par le succès du Dupixent, un anti-inflammatoire qui génère des revenus considérables pour l'entreprise.
Néanmoins, la dépendance à ce médicament, co-développé avec Regeneron, suscite des inquiétudes, surtout avec la levée imminente des brevets prévue pour le début des années 2030. Sanofi a tenté de diversifier ses axes de recherche, notamment en immunologie, mais les derniers résultats financiers ont été insatisfaisants pour les actionnaires. L'entreprise a connu quelques succès, comme le Beyfortus, qui a répondu à un besoin urgent dans la pédiatrie, mais cela ne suffit pas à apaiser les craintes des investisseurs concernant l'avenir de Sanofi.
Le groupe français est également en proie à des contestations sur le plan stratégique, à l'instar de la récente polémique entourant la vente de sa filiale Opella, qui produit le Doliprane, ce qui complique davantage sa situation. Parallèlement, l'environnement de l'industrie pharmaceutique en Europe est devenu préoccupant, accentué par le protectionnisme américain et les avancées notables de la Chine en matière d'innovation.
Garijo, ayant précédemment œuvré chez Sanofi, a tenté de donner une vision générale de ses priorités. Elle a mis en avant des atouts indéniables : un réseau mondial, des positions solides dans des segments thérapeutiques clés, et une équipe performante. Toutefois, elle a reconnu la nécessité de renforcer la productivité des innovations et de transformer la direction scientifique en croissance durable.
Avec une formation médicale, Garijo a la responsabilité d'incarner un changement significatif. Elle a garantis qu’elle maintiendrait une discipline stricte sur les coûts tout en cherchant à satisfaire les attentes des actionnaires. Toutefois, les analystes soulignent que Sanofi pourrait ne pas disposer du temps nécessaire pour développer à lui seul de nouveaux traitements avant la fin du monopole sur le Dupixent, suggérant que des acquisitions de médicaments en développement pourraient devenir une voie privilégiée. Lors de ses résultats trimestriels, le groupe a également évoqué la possibilité de "revisiter" son portefeuille de produits.







