En première ou terminale avec une spécialité en histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ? Chaque semaine, Benjamin Daubeuf, professeur d’histoire-géographie, vous recommande un article d’actualité en lien avec votre programme. Ce mercredi, il met en lumière, à l'aide de cartes, l'importance persistante de la géographie pour l'économie mondiale.
L’article de la semaine
Depuis le début des hostilités en Iran, le blocage du détroit d’Ormuz est devenu un enjeu central pour la communauté internationale. Dans une analyse publiée par Courrier international, François Gerles souligne que cette artère est cruciale pour le commerce des hydrocarbures, mais qu’il existe d’autres goulets d’étranglement ou “seuils stratégiques” qui compromettent la liberté de navigation.
Les cartes présentées dans cette revue de presse devraient éclairer les élèves de terminale, abordant les défis liés aux récents déplacements des zones commerçantes sur les nouvelles routes de conquête.
Une citation à retenir
“La leçon à tirer de ces quatre dernières semaines est que, même à l’ère des avions, des missiles et des satellites, la géographie a toujours son importance.”
Cette déclaration, tirée du magazine britannique The Economist, rappelle que les limites géographiques restent déterminantes dans les échanges mondiaux. Les illustrations fournies montrent qu’une douzaine de points de passage, comme les détroits d’Ormuz ou de Bab El-Mandeb, sont devenus essentiels pour la circulation maritime, permettant d'éviter des détours coûteux.
Depuis le milieu du XXe siècle, l'économie mondiale a pris un tournant maritime, favorisée par les avancées technologiques, la taille accrue des navires et les accords globaux sur la libre circulation. Aujourd'hui, environ 85 % des exportations mondiales transitent par voie maritime, et la fermeture d'un de ces seuils stratégiques peut gravement perturber ce commerce. Néanmoins, le quotidien indien Times of India rassure : “Le commerce mondial ne s’effondre pas du jour au lendemain. Il ralentit progressivement.”
Face à la dépendance de la Chine aux hydrocarbures du Moyen-Orient, le pays a pivoté vers d'autres sources comme la Russie, utilisant des pipelines pour contourner le détroit d’Ormuz. Parallèlement, le détroit de Bab El-Mandeb est désormais sous menace, au cas où les houthistes, associés à l'Iran, cibleraient des navires dans cette zone, comme cela a été observé entre 2023 et 2025.
Des alternatives existent même si le passage par ce détroit venait à être compromis. Les entreprises pourraient contourner l'Afrique, augmentant ainsi les coûts et les temps de transport, mais sans générer une flambée des prix, grâce à l'efficacité du transport maritime.
D’un autre côté, le dérèglement climatique impacte également les routes maritimes. The Economist évoque qu’en 2024, en raison de sécheresse, de nombreux navires ont dû évincer le canal de Panama pour passer par le cap Horn, tandis que la fonte des glaces crée de nouvelles voies dans l’océan Arctique, charmant ainsi le détroit de Béring.
Pour approfondir
Pour mieux appréhender l'importance du détroit d’Ormuz, nous avons sélectionné trois articles pertinents :
Cette revue de presse qui montre le rôle stratégique du détroit d’Ormuz dans les négociations entre Washington et Téhéran.
Une analyse du 18 avril qui souligne le désordre régnant dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre en Iran.
Un article du Wall Street Journal qui indique que les tensions autour d’Ormuz menacent le commerce maritime entier.
À ne pas manquer cette semaine
Le quotidien qatari Al-Araby Al-Jadid a mis en lumière le travail des potières de Sejnane, en Tunisie, dont le savoir-faire est inscrit au patrimoine mondial depuis 2018, un sujet en phase avec le thème du patrimoine étudié en terminale.







