les bénéfices de TotalEnergies explosent et relancent le débat sur la taxation

Les bénéfices en forte hausse de TotalEnergies soulèvent des questions sur la taxation.
les bénéfices de TotalEnergies explosent et relancent le débat sur la taxation
©Lou BENOIST, AFP - Logo de TotalEnergies à la raffinerie de Gronfreville-l'Orcher, près du Havre, dans l'ouest de la France, le 23 avril 2026

En plein cœur des turbulences au Moyen-Orient, le géant français TotalEnergies a dévoilé mercredi des bénéfices trimestriels en forte hausse, portés par la hausse des prix des hydrocarbures, mettant ainsi en lumière le débat sur la taxation des superprofits pétroliers. Cette situation a suscité des réactions peu amènes de la part de la gauche et de certains pays d'Europe.

TotalEnergies, quatrième société pétrolière occidentale en termes de chiffre d'affaires, a affiché d'excellentes performances, surpassant même les niveaux observés au début de 2022, lorsque la guerre en Ukraine a engendré des augmentations significatives des prix.

Le bénéfice net du groupe a bondi à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros), soit une élévation de 51 % par rapport à l'année précédente. Patrick Pouyanné, son PDG, a attribué cette performance à la capacité du groupe à tirer parti de la flambée des prix.

En conséquence, TotalEnergies a gracieusement décidé d'augmenter ses dividendes de 5,9 %, passant à 0,90 euro par action, une étape saluée comme la plus importante parmi les entreprises pétrolières majeures, mais qui a provoqué l'ire de politiciens et d'associations environnementales.

Clémence Guetté, vice-présidente de l'Assemblée nationale et membre de la France Insoumise, a dénoncé TotalEnergies pour profiter de la guerre afin de maximiser ses profits, tandis que Greenpeace France a qualifié la situation de "logique cynique", alors que les consommateurs subissent une pression croissante sur leurs finances.

François Ruffin de Debout la France a également vociféré contre cette situation, soulignant que tout est fait pour le bénéfice des actionnaires. Les socialistes, pour leur part, prévoient de déposer une proposition de loi pour taxer ces superprofits des "profiteurs de crise".

Récemment, BP a aussi rapporté une hausse significative de son bénéfice trimestriel, atteignant 3,8 milliards de dollars, grâce à ses activités de négoce de pétrole.

Les prix records des hydrocarbures ayant selon toute vraisemblance ravivé le sujet de la taxation en Europe, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déclaré au mois d'avril qu'il n'avait "aucune objection de principe" à cette idée. Cela survenait après une rentrée en matière initiée par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal), plaidant pour la taxation des bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.

Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, a ajouté que "tout était envisageable", tout en appelant à ne pas céder à une chasse aux sorcières contre TotalEnergies.

- Un commerce florissant -

Malgré les effets déstabilisants de la guerre actuelle, le groupe a réussi à maintenir sa production d'hydrocarbures, en raison de nouvelles initiatives au Brésil et en Libye. "L'augmentation des prix compensent largement les difficultés rencontrées au Moyen-Orient", a fait savoir Patrick Pouyanné lors d'une conférence avec les analystes.

En effet, la guerre, déclenchée le 28 février dernier par des offensives américaines et israéliennes contre l'Iran, a entraîné des blocages cruciaux dans le détroit d'Ormuz, où transitent 20 % des hydrocarbures mondiaux. Cette tension a entraîné une volatilité sans précédent des prix.

Dans ce climat, le groupe a enregistré une hausse de 12 % de sa production de gaz naturel liquéfié, particulièrement en Australie et en Malaisie, tout en exploitant pleinement ses capacités de raffinage pour capter des marges exceptionnelles.

Le prix du baril, atteignant presque les 120 dollars en mars, a également profité aux activités de négoce de TotalEnergies. Selon une enquête du Financial Times, TotalEnergies a réalisé plus d'un milliard de dollars de bénéfices en acquérant une grande partie des cargaisons exportables de pétrole au Moyen-Orient sans emprunter le détroit d'Ormuz.

Cette manœuvre audacieuse n'a pas été démentie, et la société a confirmé qu'elle cherchait à sécuriser ses approvisionnements, s'appuyant sur le redémarrage partielles de sa raffinerie Satorp en Arabie Saoudite, récemment touchée par des frappes.

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