Lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit en Iran, Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a reçu des critiques sévères de la part des députés démocrates. La guerre, déclenchée fin février, a déjà coûté environ 25 milliards de dollars, principalement en munitions, selon des estimations du Pentagone.
Accompagné du chef d'état-major de l'armée américaine, Dan Caine, Hegseth a été interrogé pendant plus de cinq heures par la Commission des forces armées de la Chambre des représentants. Plusieurs parlementaires des deux partis ont exprimé leur frustration face à un manque de transparence de la part de l'exécutif, un paradoxe dans une période de conflit qui touche directement les intérêts des États-Unis.
Le député démocrate Adam Smith a ouvert les débats en s'interrogeant sur le sens de l'escalade militaire, particulièrement en lien avec le programme nucléaire iranien. « Où allons-nous ? » a-t-il demandé, évoquant également les pertes militaires américaines et le tragique impact sur les civils dans la région.
Le coût de la guerre, avancé à 25 milliards de dollars, est un sujet de débat délicat. Hegseth a indiqué que les dépenses futures dépendraient de la nécessité d'empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, suscitant l'indignation de certains élus.
John Garamendi, un autre député démocrate, a critiqué Hegseth en l'accusant de mentir sur les justifications de la guerre, notamment des motifs « changeants » qui ont entouré son lancement. « La stratégie a été d'une incompétence stupéfiante », a-t-il ajouté, qualifiant ce conflit de catastrophe stratégique pour les États-Unis, exacerbée par une crise économique mondiale.
Un cessez-le-feu, prolongé sans date limite, est en vigueur depuis trois semaines, mais les discussions pour mettre fin durablement au conflit stagnent. Lors des débats, Hegseth a été appelé à répondre aux risques éventuels de blocage du détroit d'Ormuz, vital pour le transit de pétrole. Il a assuré que toutes les options étaient examinées par le Pentagone.
S'agissant de l'attaque qui a tué six soldats américains au Koweït, des élus, comme Patrick Ryan, ont exprimé des inquiétudes sur les conditions de sécurité des troupes. Ryan a évoqué les témoignages des soldats survivants sur le manque de protection, ce qui a conduit à une réponse défensive de Hegseth.
En fin de séance, de nombreux élus ont déploré le peu de consultations entre l'exécutif et le Congrès, un manquement qui va à l'encontre de la Constitution américaine. L'audition avait également pour objectif de discuter d'une demande faramineuse d'augmentation du budget de la défense, portée à 1.500 milliards de dollars d'ici 2027.







