Mali : un tournant décisif ?
Le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a annoncé lors d'un entretien à Paris que "la junte au pouvoir à Bamako finira par tomber". Selon lui, cette chute est imminente, en raison des offensives coordonnées des rebelles et des groupes djihadistes. "Ils n'ont pas les moyens de se maintenir", a-t-il déclaré, soulignant une fatigue croissante face à la situation sécuritaire instable du pays.
Ramadane a insisté sur la nécessité pour le Mali de tourner la page et d'opter pour une politique de paix durables, excluant toute implication de la junte actuelle. "Pour garantir un avenir serein pour l'Azawad et pour tout le Mali, la première étape est d'éliminer ce régime", a-t-il affirmé.
Le FLA, composée principalement de communautés touarègues, peules et arabes, a récemment progressé dans le nord du pays, prenant le contrôle de villes stratégiques telles que Kidal. "Aujourd'hui, 80 % de la région est sous notre contrôle", a ajouté Ramadane, faisant état d'une poussée militaire déterminée vers d'autres localités comme Gao et Tombouctou.
Concernant la présence des forces russes, le porte-parole s'est montré catégorique : "Nous exigeons leur retrait définitif". Lors d'affrontements précédents, le FLA a obtenu des victoires significatives face aux paramilitaires russes. "Nous n'avons aucun conflit avec la Russie en soi, notre lutte est avec le régime actuel de Bamako", a précisé Ramadane.
À l'international, la réaction russe a souligné la complexité de la situation. Le ministère de la Défense de Russie a récemment exprimé des inquiétudes face à un possible regroupement des rebelles et djihadistes, qualifiant le contexte de "difficile". Philippe M. de l’AFP a rapporté que les djihadistes d’Al-Qaïda menaçaient d’imposer un blocus autour de Bamako, accentuant les tensions déjà palpables dans la région.
Experts en géopolitique, notamment ceux de la Fondation pour la paix et la sécurité internationale, estiment que le départ des forces russes pourrait engendrer un changement dans l'équilibre des pouvoirs au Mali, attisant les craintes d'une escalade des violences. Seule l’unité nationale semble être une option viable pour éviter le chaos.







