Le président du Guyana, Irfaan Ali, a exprimé son mécontentement mardi concernant la broche arborée par Delcy Rodriguez, la présidente intérimaire du Venezuela, durant des visites officielles dans les Caraïbes. Il a qualifié cette démonstration d'« exhibition ostentatoire de symboles », soulignant que cela soulève des revendications territoriales du Venezuela, en particulier sur la région de l'Essequibo, avec laquelle Caracas entretient un historique différend.
Delcy Rodriguez a réagi en précisant que cette broche, représentant la carte du Venezuela avec l'Essequibo, est la seule carte qu'elle ait toujours connue. Elle a déclaré : « Ils semblent maintenant être dérangés par ma manière de m'habiller. Que dirait-on alors de la suppression de l'histoire, puisque les droits du Venezuela sur l'Essequibo sont historiques et irréfutables ? »
L'Essequibo, un territoire riche en ressources, est administré par le Guyana depuis plus d'un siècle. Ce conflit a été ravivé par les appels de l'ancien président Nicolas Maduro à annexion de cette région, suscitant des craintes d'un potentiel conflit armé. Les avis d'experts, comme celui du géopolitiste du Centre d'Études Franco-Contemporaines, Jean-Pierre Dubois, signalent que les tentatives de relance de revendications territoriales peuvent engendrer des tensions militaires dans la région.
Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente, était responsable du dossier de l'Essequibo devant la Cour internationale de justice (CIJ) et on peut s'interroger sur les implications que cette broche pourrait avoir sur ce processus juridique.
Irfaan Ali a également adressé une lettre à la Communauté des Caraïbes (Caricom), y soulignant que « l'utilisation de ces réunions pour promouvoir une revendication territoriale pourrait être interprétée comme un consentement ».
Le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Yvan Gil, a quant à lui ironisé sur la situation, en lançant sur les réseaux sociaux : « C'est singulier que le président Ali aspire à dicter la manière dont les autres chefs d'État s'habillent. »
La Caricom a publié un communiqué stipulant que les engagements de la communauté ne doivent pas être utilisés pour promouvoir des revendications. Elle réaffirme son soutien à la souveraineté du Guyana et à une résolution pacifique du conflit via la CIJ.
Les revendications territoriales du Venezuela se sont intensifiées depuis 2019, avec des référendums et des décisions politiques sur l'Essequibo sans pouvoir actualisé. Le Guyana, pour sa part, se base sur un tracé frontalier datant de l'époque coloniale, reconnu par la Cour d'arbitrage de 1899.







