Dans un monde de plus en plus polarisé par des tensions géopolitiques, les dépenses militaires se maintiennent sur une tendance à la hausse. Selon le dernier rapport du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), les investissements militaires à l'échelle mondiale ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, enregistrant une augmentation de 2,9 % par rapport à l'année passée, marquant ainsi la onzième année consécutive de croissance.
Un élément marquant de cette dynamique mondiale est la montée en puissance des dépenses militaires en Europe, qui a bondi de 14 % pour atteindre 864 milliards de dollars. Ce changement est principalement dû aux répercussions de la guerre en Ukraine et à une posture plus ferme vis-à-vis de la Russie. Deux pays se distinguent dans ce contexte : la France et l'Allemagne.
France : une montée en puissance mesurée
La France, pour sa part, affiche une augmentation plus modérée de 1,5 %, avec des dépenses s'élevant à 68 milliards de dollars en 2025. Ce chiffre s'inscrit dans le cadre de sa loi de programmation militaire, focalisée sur la modernisation des capacités, notamment en matière de dissuasion nucléaire et de projection extérieure. Paris semble vouloir maintenir une trajectoire maîtrisée pour garantir son autonomie stratégique, sans modifications brusques.
A contrario, l'Allemagne connaît un tournant historique : ses dépenses militaires ont grimpé de 24 % pour atteindre 114 milliards de dollars. Pour la première fois depuis 1990, ce pays dépasse le seuil des 2 % de son PIB aloué à la défense, témoignant d'une rupture significative dans son approche stratégique.
D'autres régions, comme l'Asie-Océanie, montrent également une tendance à la montée en capacité militaire, avec une hausse de 8,1 % des dépenses. La Chine intensifie ses efforts de modernisation militaires, tandis que des pays tels que le Japon, Taïwan ou l'Australie renforce leurs arsenaux face à un milieu stratégique devenu plus instable.
Il est vrai que la légère baisse des dépenses militaires américaines (–7,5 %) pourrait être de mise en lumière, mais elle apparaît trompeuse. Les réductions sont liées au manque de nouveaux financements pour l'Ukraine en 2025 et sont censées être temporaires, les prévisions budgétaires indiquant déjà un retournement à la hausse. Les États-Unis gardent néanmoins leur position de première puissance militaire mondiale.







