Dans une interview accordée à l'AFP, Marine Le Pen, la leader du Rassemblement national, confie son espoir d'être candidate à la présidentielle de 2027, rêvant d'un second tour face à Édouard Philippe.
À un an des élections, Marine Le Pen exprime clairement son souhait d'affronter le bloc central, avec une préférence marquée pour Édouard Philippe. Tout en espérant toujours que "les juges ne l’empêcheront pas d’être candidate", elle affirme : "Je souhaite un second tour face au bloc central". Elle justifie cette position en soulignant la nécessité d'une élection axée sur des choix clairs plutôt que sur un simple rejet de l'adversaire.
Face à Jean-Luc Mélenchon, les derniers sondages suggèrent une nette défaite pour le leader insoumis, qui ne dépasserait pas 30 % selon certaines estimations, alors que le Rassemblement national semble mieux placé.
Philippe et ses atouts mathématiques
Lors d'une confrontation avec un candidat issu de la droite, comme Édouard Philippe, Marine Le Pen estime que la compétition serait plus difficile. Les dernières enquêtes d'opinion placent Philippe favori, tant face à elle qu'à Jordan Bardella. "La présidentielle devrait se jouer entre le RN et le bloc central s'ils parviennent à présenter un candidat unique", indique-t-elle, reconnaissant les "qualités mathématiques" d'Édouard Philippe, qui, selon elle, plaît également à la gauche.
Malgré son désir de rivaliser avec celui qu'elle appelle le "candidat du parti unique", elle avertit que tout dépendra de leur capacité à ne pas fragmenter le paysage politique avec trop de prétendants. Sinon, le risque que Mélenchon capitalise sur une base électorale plus solide est bien réel, reconnaît-elle.
La compétition à droite
Elle se montre moins préoccupée par Bruno Retailleau, qu'elle perçoit comme un futur "Zemmour de 2027". Elle critique l'idée d'une victoire sur un "front anti-LFI" et souligne que cela ne serait pas glorieux. Sa vision est que Retailleau, par sa radicalisation, ne représentera pas une menace sérieuse, ses résultats étant jugés "pathétiques".
Une victoire idéologique
Déterminée et armée d'une stratégie, Marine Le Pen se sent renforcée par le succès des thèmes qu'elle a contribué à imposer, touchant à des sujets tels que l'immigration et la sécurité. "Aujourd'hui, plus personne ne peut faire campagne sans évoquer ces thèmes", se félicite-t-elle.
La question du pouvoir d'achat ainsi que la gestion des finances publiques devraient également figurer parmi les principales préoccupations de la campagne. "Nous devons imaginer une France libérée de ses entraves et des maux qui la frappent".
Préparation en interne
Le RN se prépare en amont, avec un séminaire organisé pour aborder des sujets sensibles, particulièrement la sécurité de son candidat, un enjeu face à la montée de la violence de l'extrême gauche. Le Pen dénonce également ce qu'elle considère comme une impunité dont bénéficient ses adversaires, notamment Mélenchon.
Décision de la cour d'appel en suspens
Toutefois, le sort de Marine Le Pen est suspendu à la décision de la cour d'appel de Paris, attendue le 7 juillet. Celle-ci pourrait confirmer son inéligibilité ou lui imposer d'autres sanctions. "Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate", assure-t-elle. Sinon, elle passerait le flambeau à son "binôme" Jordan Bardella.







