Dans une série captivante, Le Monde d’Élodie met en lumière les explorateurs modernes, et mardi, c'est Hamid Sardar, réalisateur et ethnologue d'origine iranienne, qui nous transporte dans les grandes plaines de Mongolie. Sardar, un artiste aux multiples facettes — photographe, cinéaste, aventurier —, choisit des régions parmi les moins fréquentées du monde, telles que les steppes mongoles et les hauts plateaux tibétains. Dans ces lieux reculés où la vie semble préserver un fragile équilibre, il partage la quotidien des peuples nomades, s'initie à la chasse à l'aigle et scrute des communautés qui vivent au gré des saisons.
Ses œuvres, qu'il s'agisse de films ou de photographies, nous livrent bien plus que de simples témoignages. Elles sont le reflet d'existences authentiques et précieuses qui questionnent notre propre rapport au monde. Dans son dernier long-métrage, Tumur, le bandit des steppes, Sardar met en lumière des modes de vie en danger et nous invite à envisager une existence plus contemplative.
franceinfo : En repensant à votre enfance, aviez-vous déjà cette aspiration à explorer ou est-ce une passion qui est venue plus tard ?
Hamid Sardar : Cette attirance pour la steppe et la vie nomade m’a toujours habité, depuis l'enfance. Je ne peux pas l'expliquer rationnellement, c'est avant tout instinctif. Chacun ressent un lien avec une partie du monde, et pour moi, c'était cette vaste steppe d'Asie centrale. J'ai commencé à narrer cette histoire à travers mes recherches ethnographiques avant de me tourner vers le cinéma.
Quelles traces de votre enfance et de l'Iran gardez-vous ?
Mes souvenirs d'été passés au bord de la mer Caspienne avec ma famille sont inoubliables. Nous profitions de la nature sauvage, entourés d'une faune variée. Cette jeunesse, entre mer et forêts luxuriantes, a profondément intégré en moi le désir de capturer ces paysages au fil de mes voyages.
C'était un voyage qui a commencé, interrompu par la révolution, et que j'ai poursuivi à travers mes études, mes recherches, et mes films.
Hamid Sardarà franceinfo







