À un an de l'élection présidentielle, Marine Le Pen affirme son souhait d'un second tour "entre le bloc central et le RN". Elle privilégie un affrontement contre Édouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, tout en exprimant l'espoir que "les juges ne l'empêcheront pas d'être candidate".
La patronne du Rassemblement national (RN) anticipe déjà son adversaire et déclare : "Je souhaite un second tour face au bloc central" dans un entretien accordé à l'AFP.
Ce souhait, selon elle, est crucial : "Il est essentiel d'avoir la force d'une élection de choix et non d'une élection de rejet". En effet, les sondages montrent que Mélenchon pourrait être largement battu, tandis qu'un match contre Philippe, ancien Premier ministre, serait bien plus compétitif. Une opinion partagée par plusieurs analystes politiques, qui indiquent que la personnalité d'Édouard Philippe plaît à différents électorats.
"La présidentielle se jouera probablement entre le RN et le bloc central, s'ils parviennent à un candidat commun", précise Le Pen, notant que Philippe possède des "qualités mathématiques" importantes, étant à la fois issu de la droite et ayant un impact mesuré sur la gauche.
Si elle préfère un affrontement contre celui qu'elle considère comme le "candidat du parti unique", elle avertit : "Il est impératif qu'ils ne soient pas trop nombreux à se présenter". Sinon, le risque que Mélenchon capitalise sur une base électorale solide est réel.
Pourtant, Le Pen n'est pas enchantée par l'idée d'être élue uniquement sur anti-Mélenchon : "Je ne trouve pas cela glorieux, cela ressemble à une facilité", critique-t-elle, chaque mot visiblement pesé. Cette observation vise principalement Bruno Retailleau, son concurrent déclaré, qu'elle considère comme un "Zemmour de 2027" sans véritable menace.
Elle aborde aussi la gestion actuelle des thèmes cruciaux, affirmant que le RN a imposé les questions d'immigration et de sécurité, ce qui, à ses yeux, constitue une victoire idéologique. "Aujourd'hui, personne ne peut faire campagne sans aborder ces enjeux", insiste-t-elle.
D'autres sujets, tels que le pouvoir d'achat et les finances publiques, seront également essentiels dans le débat. Elle souhaite tracer une vision distincte de la France, débarrassée des entraves actuelles.
En attendant, le RN prépare méticuleusement sa campagne. Un séminaire mi-avril a mis en lumière des préoccupations concernant la sécurité de son candidat, face à une extrême gauche de plus en plus agressive. "Il est frappant de constater que personne ne perturbe les meetings de Mélenchon", déclare-t-elle, critiquant la réponse insuffisante des pouvoirs publics et la complicité perçue des médias.
Elle annonce aussi un calendrier de réunions internes pour peaufiner le programme présidentiel, tout en laissant en suspens la décision de la cour d'appel de Paris. Celle-ci pourrait déterminer son inéligibilité d'ici le 7 juillet. "Si les juges ne m'en empêchent pas, je serai candidate. Dans le cas contraire, je passerai le flambeau à Jordan Bardella", conclut-elle avec une lucidité presque pragmatique : "La décision sera simple".







