Récemment, un document du Pentagone a suscité l'inquiétude au sein de la presse espagnole. Selon un rapport d'El Confidencial, relayé par l'agence Reuters, ce courriel indique la possibilité d'une exclusion de l'Espagne de l'Otan en raison de ses critiques concernant la guerre en Iran, ainsi que de sa réticence à permettre un accès aux bases militaires américaines de Rota et Morón.
Cette situation soulève des craintes plus larges, car les États-Unis pourraient également réévaluer leur soutien à Madrid concernant les enclaves de Ceuta et Melilla, que Rabat revendique. En effet, l'Egypte et le Maroc ont des relations très étroites avec Washington, ce qui pourrait les avantager dans cette période de tension.
"Si l'administration Trump décide de sanctionner Londres pour son attitude sur les îles Malouines, pourquoi ne ferait-elle pas de même avec Pedro Sánchez au sujet de Ceuta et Melilla ?" interroge El Confidencial.
Les craintes grandissantes de Madrid
Les enclaves de Ceuta et Melilla sont des points névralgiques pour le Maroc, qui revendique également la souveraineté sur les îles Zaffarines, tout en renforçant ses relations militaires et diplomatiques avec des pays tels que les Émirats arabes unis et Israël. Ces alliances constituent des atouts pour Rabat face à une Espagne en difficulté sur plusieurs fronts, notamment vis-à-vis de l’administration Trump et de la position israélienne concernant Gaza.
Dans un contexte où la tension augmente, Donald Trump a déjà reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui a entraîné une crise diplomatique avec l’Espagne. La hausse continue des budgets de défense marocain et algérien aggrave cette pression.
Michael Rubin, dans un article publié dans le Middle East Forum, a affirmé que Ceuta et Melilla devraient être considérées comme des territoires occupés par l'Espagne, ajoutant que l'Espagne était désormais perçue comme une ''puissance coloniale''.
Stratégies marocaines ambiguës
Pour répondre à ces tensions, un rapport de 260 pages de l'Institut espagnol d'études stratégiques évoque une pression militaire croissante sur le flanc sud. Les analystes s'accordent à dire que le Maroc modifie progressivement le statu quo, préférant une approche stratégique de long terme à la confrontation ouverte.
En même temps, le Maroc investit dans des ports stratégiques comme Tanger Med, pour gagner en influence et en compétitivité sur la scène maritime. Ce développement économique s'accompagne d’une pression croissante sur les enclaves espagnoles, accentuant l'anxiété à Madrid.
Vers une remise en question du contrôle espagnol
Des analystes israéliens et marocains ont même suggéré que l’administration américaine pourrait modifier sa position sur ces enclaves en faveur du Maroc. Des voix s'élèvent pour dire que cette dynamique offre à Rabat l'opportunité de faire valoir ses revendications.
Les autorités espagnoles doivent ainsi prendre conscience de la situation précaire et envisager des réponses coordonnées, sachant que toute absence de réaction pourrait raviver un phénomène rare : une brèche dans le contrôle espagnol des deux enclaves africaines.
Avec le soutien potentiel d’Israël, les revendications marocaines pourraient être renforcées, transformant Ceuta et Melilla en point de friction majeur au sein de la diplomatie internationale.







