Une initiative remarquée aux Pays-Bas : la police a décidé d'exposer les visages d'escrocs présumés, en espérant les inciter à se rendre. Actuellement floutées, les images seront dévoilées au public si les suspects ne se manifestent pas dans un délai de deux semaines.
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Au cœur de Rotterdam, une affiche met en lumière un suspect accusé d'avoir subtilisé 20 000 euros par le biais d'une carte bancaire. Au total, la police néerlandaise a publié 100 visages d'individus suspectés de fraudes, tous encore non jugés. Un site internet dédié permet de consulter chaque cas en détail. "Regardez cette image où une personne tente de dérober une carte bancaire", souligne Martin De Wit, policier spécialisé dans les enquêtes et la communication à la police des Pays-Bas.
Avant de rendre les visages publics, la campagne a débuté par une phase où les visages des suspects étaient floutés. Selon Martin De Wit, "Nous avons commencé avec 100 visages floutés, accompagnés d'un message : 'Vous avez deux semaines pour vous dénoncer, sinon nous dévoilons votre visage.' L'objectif est de retrouver ces suspects le plus rapidement possible." La campagne est également diffusée sur les réseaux sociaux, renforçant ainsi son impact.
Une opinion publique partagée
L'initiative ne laisse pas le public indifférent. La majorité des passants semblent la soutenir. "S'ils ont commis des délits, aucune protection ne devrait leur être accordée. Il faut les attraper," déclare un citoyen. Un autre ajoute que "la police aurait dû agir dès le début sans flouter les visages." Selon les forces de l'ordre, chaque cas est soumis à l'approbation du parquet avant publication. À ce jour, deux tiers des individus concernés ont été identifiés, soit en se rendant d'eux-mêmes, soit grâce à des dénonciations par leur cercle social.
Cette méthode n'est pas nouvelle aux Pays-Bas; plusieurs chaînes de télévision diffusent des émissions qui suivent des enquêtes criminelles, dévoilant les visages de suspects sans floutage. Cependant, tous n'adhèrent pas à cette pratique. "Cela ne fait que renforcer un climat de surveillance excessive, comme si nous vivions dans une société policière," s'inquiète un citoyen. "Ce type de campagne encourage l'ostracisme et va à l'encontre des principes fondamentaux de la justice," ajoute un autre.
Bien que la campagne d'affichage en ville soit terminée, le site internet restera actif tant que tous les suspects ne seront pas retrouvés.







