Face à l'augmentation continue des prix à la pompe, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, le gouvernement français envisage un décret pour encadrer les marges des distributeurs de carburants. D'après Matignon, le projet ne sera pas tranché avant quelques jours, tandis que le Conseil national de la consommation a été sollicité pour donner son avis. Ce mécanisme prévoit un plafonnement des prix en vigueur jusqu'au 31 août 2026, une mesure visant à prévenir les abus dans un contexte économique tendu.
Un mécanisme en trois paramètres
Concrètement, ce dispositif se base sur trois éléments majeurs. D'abord, le prix de vente autorisé sera déterminé à partir du prix de référence quotidien de l'essence ou du gasoil, calculé à partir de la moyenne des cinq derniers jours sur le marché de Rotterdam, afin de limiter les fluctuations quotidiennes. Ensuite, la marge des distributeurs ne pourra pas excéder celle constatée en janvier et février derniers, avant le déclenchement de la crise. Enfin, une flexibilité sera intégrée pour tenir compte des hausses des coûts de transport résultant de la situation actuelle, comme l'indique le projet de décret consulté.
Un seuil de déclenchement automatique
Il est important de noter que cette réglementation n'entrera pas en vigueur de manière permanente. En effet, un seuil de déclenchement automatique a été prévu : l’encadrement ne serait appliqué que lorsque les cotations des produits raffinés dépassent des niveaux spécifiques, à savoir environ 1,71 euro TTC par litre pour l'essence et le gazole, un seuil constaté en France métropolitaine en février dernier.
Des critiques de tous bords
Le projet de plafonnement des marges rencontre déjà des réserves. Francis Pousse, président de Mobilians, syndicat représentant un large secteur de stations-service, a exprimé son scepticisme face à cette initiative : "C'est une usine à gaz qui ne nous permet même pas de savoir où on va." De son côté, la députée LFI Aurélie Trouvé a pointé l'inefficacité de la mesure, affirmant que "les marges des distributeurs sont déjà à zéro". Marie-Amandine Stevenin, présidente de l'UFC-Que Choisir, a également critiqué le délai jugé trop long avant la mise en œuvre de cette réponse, soulignant que le problème de fond n’est pas traité efficacement.
Les prix des carburants : toujours en hausse
Actuellement, les prix des carburants restent d'un niveau élevé. Selon des données récentes de l'Agence de Radio France, le gazole se situe autour de 2,30 euros le litre, tandis que le SP95-E10 coûte en moyenne 2,00 euros, légèrement en hausse par rapport aux jours précédents. Le SP95 affiche un prix moyen de 2,03 euros, et le SP98 atteint 2,09 euros. Cette situation délicate pousse le gouvernement à envisager des mesures immédiates pour protéger le pouvoir d'achat des Français tout en maintenant des discussions ouvertes sur les meilleures solutions à adopter.







