En début de semaine, le média Cerfia a révélé qu'environ 90 agents de la ville envisagent de démissionner, un chiffre qui, bien que difficile à confirmer, révèle un climat de mécontentement parmi les forces de l'ordre. Les policiers interrogés par franceinfo partagent un sentiment de désarroi face aux décisions du nouveau maire, Bally Bagayoko, qui appelle pourtant à un dialogue constructif.
La nouvelle a fait l'effet d'une onde de choc. Élu en mars dernier, Bally Bagayoko, représentant de La France Insoumise (LFI), a pour projet d'implémenter un désarmement progressif de la police municipale, commençant par éliminer les lanceurs de balles de défense (LBD). Cette initiative est fortement contestée par les policiers, qui songent à se faire recruter dans d'autres villes. Selon Cerfia, jusqu'à 90 des 140 agents de la police municipale auraient déjà exprimé le souhait de "changer d’affectation".
La situation a également été relancée par des déclarations d'élus d'extrême droite, prêts à accueillir ces agents en quête d'un nouveau poste. Eric Ciotti, maire de Nice, a ainsi manifesté son intérêt pour recevoir des policiers de Saint-Denis, affirmant sur X : "Nous serons fiers d’accueillir les agents de Saint-Denis menacés par cette décision irresponsable de désarmement". De même, Jordan Bardella, dirigeant du Rassemblement National, a ajouté que leurs municipalités seraient "des terres d’asile pour tout policier".
Des chiffres à nuancer
Toutefois, l'assertion de 90 départs potentiels est-elle fondée ? "Pas pour l’instant", répond Thierry Colomar, président de la Fédération nationale de la police municipale de France, sur franceinfo. Selon lui, les demandes de mutation ne fonctionnent pas ainsi ; un policier intéressé doit postuler dans une autre ville qui a besoin de renforts. Pour lui, "un seul transfert est confirmé", bien que plusieurs soient en cours de traitement.
Toutefois, il n'écarte pas la possibilité que d'autres policiers municipaux quittent effectivement leur poste. Il explique que "4 500 postes vacants existent en France", soulignant les conséquences néfastes d'une décision qu'il juge "irresponsable".
Un malaise palpable au sein des agents
Malgré les hésitations sur les chiffres, des agents municipaux de Saint-Denis rapportent un malaise grandissant. Sous couvert d'anonymat, ils ont confié à franceinfo qu’au moins une trentaine d'entre eux ont déjà initié des démarches vers d’autres municipalités. Arthur, un policier, a déclaré : "Nous en parlons parmi nous. La plupart des groupes d'intervention souhaitent quitter la commune". Mathieu, un autre agent, a confirmé avoir passé plusieurs entretiens dans des communes voisines, illustrant ainsi le climat d'incertitude qui règne.
"Il y a plusieurs facteurs à considérer : la localisation, les décisions du maire, et l'alignement avec nos valeurs..."
Mathieu, policier municipal à Saint-Denisà franceinfo







