« La Thaïlande informera l'Iran à l'avance de tout navire traversant le détroit et l'Iran répondra en conséquence », a déclaré le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, dans une tentative de rassurer les concitoyens face aux répercussions sur l'approvisionnement en carburant dues au conflit actuel.
Ce 28 mars, le gouvernement thaïlandais a annoncé avoir signé un accord avec l'Iran, autorisant le passage « en toute sécurité » de ses navires pétroliers à travers le détroit d'Ormuz, une zone clé notoirement perturbée depuis le déclenchement des hostilités dans la région. « Cet accord nous permettra d'apaiser les préoccupations liées à l'approvisionnement en carburant vers la Thaïlande », a-t-il ajouté, exprimant sa confiance que les récents désagréments, observés début mars, ne se reproduiront pas.
Les responsables thaïlandais, dont le ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, ont insisté sur le fait que la nation n'est « pas partie au conflit » et a le droit à une navigation sécurisée en vertu du droit maritime international. Dans ce cadre, la Thaïlande a informé l'Iran à l'avance des mouvements navals, garantissant une réponse appropriée de la part de Téhéran. À ce jour, un pétrolier thaïlandais a déjà emprunté le détroit, et d’autres devraient suivre.
La guerre en cours, déclenchée par Israël et les États-Unis, impacte sévèrement les pays d'Asie du Sud-Est, exacerbe les pénuries de carburant, et fait grimper les prix. Des experts d'économies locales comme l'agence de presse Le Monde soulignent que l'accord pourrait être une bouée de sauvetage pour les marchés asiatiques affectés par la crise.
Le Premier ministre s'excuse
Face à la montée des prix du gazole, qui ont récemment augmenté de 6 bahts par litre après un plafonnement initial à 30 bahts (0,79 euro), le Premier ministre a présenté ses excuses à la population pour la gestion des prix du carburant durant la première moitié de mars. « Nous avions espoir que le conflit serait de courte durée. Cependant, il est désormais clair que la situation pourrait se prolonger », a-t-il reconnu.
Il a conseillé aux Thaïlandais de ne pas céder à la panique, rappelant que le pays, fort de 65 millions d'habitants, dispose de réserves de carburant suffisantes.
Un navire thaïlandais touché au début du conflit
Le 11 mars, un navire marchand thaïlandais, le Mayuree Naree, a été attaqué par des forces iraniennes alors qu'il naviguait dans cette zone critique. Actuellement, trois membres d'équipage restent portés disparus. De plus, les Gardiens de la Révolution iraniens ont récemment empêché plusieurs porte-conteneurs de poursuivre leur route dans le détroit, affirmant sa fermeture aux navires considérés comme « ennemis ». Selon des données recueillies par Reuters, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a chuté de 95% par rapport à la normale depuis le début de la guerre. Environ 24 navires commerciaux ont subi des attaques ou ont signalé des incidents depuis le début du mois, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.







