Lauréat du concours des prairies fleuries, Damien Berthomier, éleveur ovin et bovin biologique à Adriers, met un point d’honneur à fournir à son bétail une alimentation de qualité et autonome.
Le Montmorillonnais n'est pas particulièrement reconnu pour ses vastes prairies, souvent associées aux montagnes. Pourtant, la gestion des prairies est une préoccupation quotidienne pour Damien Berthomier, qui élève des vaches limousines et des brebis au sein du Gaec de la Fontallerie à Adriers. Son savoir-faire lui a valu le titre de lauréat 2025 du concours des prairies fleuries du Montmorillonnais, grâce à ses prairies pâturées de manière naturelle. Le 25 février, il s’est rendu au Salon de l’agriculture à Paris pour défendre ses chances de décrocher le titre national.
« Gérer des prairies naturelles destinées au pâturage des ovins, c'est avant tout ne rien semer, » déclare-t-il. « Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'interventions, au contraire. La flore évolue selon nos pratiques. Nous effectuons des coupes intenses pendant une courte période, veillant à ne pas descendre trop bas pour que nos animaux aient à manger sans que les herbes ne deviennent trop hautes. C'est une gestion exigeante qui se déroule quasiment toute l'année, résultat d'une précision technique et d'une certaine dose d'imprévisibilité. L'objectif, c'est que nos animaux trouvent leur nourriture tout au long de l'année, sans recourir à des produits chimiques ou à des broyeurs. »
Une vente en circuit court
Damien Berthomier cherche à établir un équilibre entre flore et faune sur ses soixante-dix hectares de prairies. Cette approche axée sur l'alimentation naturelle l’a conduit vers l'agriculture biologique. « Nos cent-vingt brebis et cinquante-huit vaches se nourrissent de ce qui est cultivé sur la ferme, incluant vingt-cinq hectares de graminées et légumineuses. »
Sa méthode de vente repose principalement sur le circuit court : « Nos animaux sont abattus à Montmorillon, et la coopérative d'utilisation de matériel agricole sur Adriers s'occupe de la découpe sous l’œil de bouchers qui préparent la viande sous diverses formes, que ce soit en saucisses, merguez ou steaks. Nos produits sont disponibles sur des marchés, dans des points de vente locaux, mais également dans les cantines et collèges des environs. Ce circuit court nous permet de tisser des liens avec un réseau de consommateurs qui apprécient notre travail. Nous nous efforçons de rencontrer les chefs cuisiniers pour leur montrer que la qualité de nos produits ne pèse pas sur leur budget, car notre viande réduira moins à la cuisson, nécessitant ainsi moins de quantité par portion. »







