La question ne manquera pas de susciter des inquiétudes : seriez-vous prêt à voyager dans un bus totalement autonome ? Ce projet, déjà en marche, a récemment été mis à l'épreuve dans le Val-de-Marne, en région parisienne. France Télévisions a couvert ces essais qui révèlent les avancées technologiques dans le domaine des transports en commun.
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Les tests réalisés mettent en œuvre une technologie impressionnante : dix-huit caméras, ainsi que cinq capteurs d'obstacles, dont l'un est positionné sur le toit du véhicule, sont en action. Un ingénieur supervise chacune des performances du bus, qui s'insère habilement dans le flot de la circulation. Actuellement, un opérateur de sécurité demeure à bord, mais à terme, le bus devrait opérer sans personne. Lors d'un essai, le bus a même freiné brusquement, une décision prise par l'ordinateur face à un véhicule perçu comme trop proche. Massimo Vitoriano, opérateur de sécurité de la RATP, souligne : "La sécurité est primordiale. Il faudra que le système se perfectionne, mais je demeure confiant."
À ce jour, le bus n'accueille pas encore de passagers. Son homologation est prévue dans quatre ans, marquant le début potentiel d'un nouveau mode de transport. Les usagers, pour l’instant peu inquiets, semblent voir le changement d’un bon œil : "Si ces bus sont mis en circulation, c'est qu'ils ont été rigoureusement testés," indique une usagère. D'autres expriment des espoirs de régularité et de réduction de temps d'attente grâce à une flotte autonome.
Les chauffeurs inquiets
Dans l’ombre de ces innovations, les chauffeurs de bus se montrent plus sceptiques. Interrogés anonymement, plusieurs d’entre eux avouent être hostiles à ces changements. "Nous avons un peu peur. On espère que cela ne se produira pas," partage l’un d’eux. Un autre va plus loin : "Nous pourrions être la dernière génération de conducteurs." Selon Gilles Tauzin, directeur de l'innovation à la RATP, le passage à des bus autonomes implique un cadre réglementaire complexe. "Bien que nous croyons en ces technologies, il est peu probable que nous voyions un déploiement aussi rapide que prévu. Mieux vaut attendre vers 2030," précise-t-il.
On se souvient que l'innovation dans le secteur des transports a longtemps été promise, mais rarement réalisée. En 2018, des projets de bateaux-taxis autonomes sur la Seine étaient déjà évoqués, tout comme ceux de taxis volants pour les JO de 2024. Pourtant, à ce jour, ces concepts demeurent au stade de projets. Les seuls véhicules autonomes opérationnels se trouvent en Chine et aux États-Unis, où divers défis ont également été rencontrés, notamment des pannes sur le réseau électrique qui ont immobilisé certains véhicules.







