Dans la nuit de samedi à dimanche, nous allons passer à l'heure d'été, une période particulièrement intense pour les horlogers. En avril, à deux heures du matin, il sera trois heures. À Chasseneuil-sur-Bonnieure, une petite ville de Charente connue pour son savoir-faire horloger, la famille Jacob est à la tâche depuis trois générations, préparant minutieusement chaque montre et pendule pour ce changement.
Le passage à l'heure d'été n'est pas sans défi. Les horlogers de la région doivent ajuster les aiguilles de nombreuses montres et pendules. L'horloger Ethan Mirambeau avertit de ne jamais faire marche arrière : "Avec une pendule mécanique, si vous reculez les aiguilles, vous risquez d'endommager le mécanisme. Les pièces peuvent se heurter et causer des pannes irréversibles". Il parle en connaissance de cause, puisque son atelier, "L'air du temps", est toujours rempli d'une dizaine de pendules, toutes devant être mises à jour pour accueillir la belle saison.
Les clients, parfois confus, appellent pour être conseillés : faut-il avancer ou reculer leur montre ? "Pour l'été, il faut toujours avancer d'une heure, mais en hiver, ne reculez jamais votre montre", explique Solène Jacob, également horlogère. La confiance qu’accordent leurs clients est palpable, mais cela implique une charge de travail accrue chaque année. En faisant le tour des vitrines, plus d'une centaine de montres attendent d'être vérifiées. Heureusement, celles-ci sont déjà réglées sur 10 heures 10, un choix esthétique dans le monde horloger qui met en valeur les marques.
Cette spécialisation de l'horlogerie à Chasseneuil-sur-Bonnieure témoigne d'un savoir-faire qui s'illustre dans chaque détail. En cette période charnière, l'artisanat horloger n'est pas seulement un métier ; c'est une tradition vivante qui continue de s'épanouir face aux défis modernes. Alors que l'heure d'été approche, les horlogers, avec passion et expertise, s'assurent que personne ne perde une minute.







