Le parquet national financier (PNF) a décidé de clore son enquête sur Nicolas Sarkozy concernant un possible trafic d'influence lié à ses activités de conseil en Russie. Cette nouvelle a été confirmée par le ministère public à l'Agence France-Presse (AFP) le 21 mars. Selon Mediapart, les magistrats n'ont pas pu établir clairement les contours des missions réalisées par l'ancien président, en raison d'une « coopération plus que parcellaire » de l'État russe.
Cette enquête avait été ouverte à l'été 2020 après un signalement du service de renseignement financier Tracfin, portant sur un contrat de trois millions d'euros pour deux ans, liant Sarkozy à la société d'assurances russe Reso Garantia, propriété de Sergey et Nikolay Sarkisov, deux milliardaires influents. Reso Garantia est un acteur majeur du secteur de l'assurance en Russie, avec plus de 11 millions de clients.
En 2007, le groupe français Axa avait acquis une participation dans Reso Garantia pour environ 810 millions d'euros. Notons que Axa est également un client du cabinet d'avocats Realyze, cofondé par Sarkozy, ce qui soulève des questions sur les relations entre les différents acteurs impliqués.
Coopération « parcellaire » de la Russie
D'après une source proche du dossier, les magistrats n'ont pas réussi à définir l'ampleur des opérations dirigées par Sarkozy, soulignant que le classement de l'affaire était dû à « absence d'infraction » selon le PNF.
L'avocat de Sarkozy, Christophe Ingrain, a pour sa part décliné toute déclaration sur cette affaire. Rappelons que Nicolas Sarkozy a déjà été incarcéré dans l'histoire de la République française, après sa condamnation en septembre à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans une autre affaire impliquant des fonds libyens pour sa campagne de 2007. Lors de son récent procès en appel, il a continué de clamer son innocence.







