Avec son premier succès adapté à l'écran, « Tout le bleu du ciel », ayant conquis quatre millions de téléspectateurs sur TF1 l'année passée, Mélissa Da Costa est désormais l'une des voix les plus prometteuses de la littérature française. Son neuvième livre, intitulé Fauves, explore des thématiques sombres liées à l'enfance et à la rédemption.
Décrivez-vous la perception que vous avez de votre littérature souvent qualifiée de « facile » par certains critiques.
Surprenant, je ne l'ai pas vu venir. À la sortie de Tout le bleu du ciel en 2019, l'accueil était chaleureux. Cependant, le succès de mes deux premiers romans a amené quelques critiques moins bienveillantes. J'ai ressenti de la déception face à ce mépris parfois émis par ceux qui ne m'avaient même pas lue. Cela blessait aussi mes lecteurs. Pourtant, avec Fauves, je pense que ce regard a évolué.
Dites-nous comment vous vous êtes préparée pour écrire Fauves, qui se déroule dans le monde du cirque.
Je n'ai pas vécu dans un cirque, mais j'ai largement puisé mes recherches dans des archives et des documents historiques ainsi que des œuvres de dresseurs de fauves. Le cirque Romanès à Paris a même accueilli la première de mon livre, ce qui était vraiment gratifiant.
Une documentation solide est essentielle pour permettre la liberté dans l'écriture.
La nature joue-t-elle un rôle important dans vos récits ?
Ce n'est pas la nature elle-même, mais l'environnement qui influence nos émotions et nos personnalités. Grandir dans un milieu peu inspirant laisse forcément des marques sur notre imagination.
Décrire le réel est souvent plus difficile, car toute inexactitude est interprétée comme une erreur.
Comment d'autres auteurs vous influencent-ils ?
J'apprécie leur écriture brute et authentique. Cela m'incite à explorer des thèmes plus sombres, tout en restant fidèle à ma voix unique.
Je souhaite également créer des personnages complexes, à l'image de ceux que l'on peut rencontrer dans la vraie vie.
« Tenir debout », à paraître en 2024, traite d'un couple confronté à des circonstances traumatisantes. Le défi d'écrire sur le réel me pousse à être rigoureuse.
J'adore explorer les facettes moins évidentes de la nature humaine.
Pensez-vous que la littérature féminine, surtout actuelle, tend à être moins axée sur le suspense que sur les émotions ?
Tout à fait. Les autrices ont une approche unique, souvent plus introspective, et cela parle à un large public. Des écrivains comme Sophie Tal Men et Morgane Moncomble illustrent cette tendance.
Vous avez été découverte en ligne, comme Virginie Grimaldi. Quelle importance cela a-t-il eu pour vous ?
Cela a permis de valider mes écrits avant de rencontrer les éditeurs, en me prouvant que mon travail pouvait toucher les lecteurs.
Vous évoquez l'importance de la créativité enfantine dans votre processus, pourriez-vous élaborer ?
Écrire est pour moi la continuité merveilleuse de l'enfance, une façon de préserver cette créativité face aux défis du monde adulte.







