Sous l'influence croissante de sa famille politique, Pierre-Yves Bournazel, représentant des partis Horizons et Renaissance, a annoncé lundi la fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati, candidate de LR et MoDem, et a décidé de se retirer de la course pour la mairie de Paris.
Actuellement, quatre candidats se préparent pour le second tour qui aura lieu dimanche, après que Sophia Chikirou, candidate des Insoumis, ait confirmé le maintien de sa liste face à Emmanuel Grégoire, qui s'est placé en tête du premier tour avec près de 38 % des voix.
"Je suis heureux d'annoncer notre fusion avec Rachida Dati [...] car une majorité de Parisiens réclame du changement et une alternative", a déclaré Bournazel lors d'un entretien avec France 2, notant qu'il avait réalisé 11,34 % des intentions de vote.
Il a toutefois ajouté : "Pour moi, le chemin s'arrête ici [...] Les Parisiens n'ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris". Conseiller de Paris depuis 18 ans, Bournazel s'est vu poussé vers cette fusion par Edouard Philippe, le leader d'Horizons, et selon certaines sources, Emmanuel Macron aurait aussi soutenu cette initiative.
Dati avait déjà suggéré une alliance à son concurrent de centre-droit, ayant obtenu un score décevant de 25,46 % au premier tour, soit plus de douze points derrière Grégoire. Bournazel avait posé des conditions pour son retrait, demandant à Dati de clarifier qu'il n'y aurait pas d'alliance avec Sarah Knafo, une eurodéputée d'extrême droite.
Dans une interview au Figaro, Dati a affirmé qu'une alliance avec Reconquête était impossible et a proposé à Bournazel une place de second sur sa liste au second tour. "Cette nouvelle liste d'union respecte l'équilibre des votes du premier tour", a-t-elle ajouté.
Les relations entre Dati et Bournazel étaient tendues, le premier ayant qualifié la campagne de Dati de "droite la plus bête du monde". De son côté, Bournazel l'avait décrite comme sa "meilleure ennemie" dans un livre publié en janvier.
Le retrait de Bournazel a été salué par l'un de ses proches, qui l'a qualifié de "décision très digne et loyale envers ceux qui le soutiennent". Un élu LR a évoqué, cependant, un possible "burn-out politique", attribuant ce sentiment à un manque de soutien d'Edouard Philippe.
Emmanuel Grégoire, représentant de la gauche unie sans LFI, n'a pas manqué de critiquer Bournazel, le qualifiant d'hypocrite pour se rapprocher de Dati, qui fait face à des accusations de corruption. Dati est jugée en septembre pour des accusations contestées, qui pourraient entraîner jusqu'à dix ans d'emprisonnement.
De son côté, Sophia Chikirou a confirmé sa candidature pour le second tour, affirmant qu'elle était prête à s'allier avec Grégoire, malgré son refus d'une fusion. Chikirou a reproché à Grégoire son "sectarisme" après avoir essuyé des critiques acerbes de la part des membres de LFI durant la campagne.







