L'annonce a été officialisée ce mardi. Tomohiro et Menhadine Uido, gérants du restaurant Le Village Tomohiro, ont perdu l'étoile qu'ils détenaient depuis seize ans. Le chef a l'intention de la reconquérir rapidement.
Le 10 mars, une semaine avant l'annonce des nouvelles étoiles Michelin pour 2026, Le Village Tomohiro reçoit l'appel d'un représentant de l'institution. Le verdict tombe : leur étoile est retirée.
« Nous sommes choqués et en colère », confie Tomohiro Uido, ajoutant que cette décision ne reflète ni leur travail quotidien ni la satisfaction de leurs clients, qui, selon lui, continuent à donner des retours positifs.
« Tout le monde pense que c'est une blague », déplore Menhadine Uido, qui gère le restaurant avec son époux. Le couple reste totalement perplexe face à cette décision, d'autant plus qu'aucune explication ne leur a été fournie lors de l'échange téléphonique. Un entretien ultérieur est attendu pour plus de détails.
Un quart de siècle de savoir-faire franco-japonais
Le Village Tomohiro représente avant tout une aventure humaine. Tomohiro, arrivé en France en 1989, a rencontré son épouse Menhadine alors qu'ils travaillent ensemble dans un restaurant triplement étoilé à Saint-Léger-en-Yvelines. En 2001, ils unissent leurs talents pour créer leur propre restaurant franco-japonais à Marly-le-Roi, au 3 Grande-Rue.
Depuis quinze ans, ils se consacrent corps et âme à leur établissement. « Je suis toujours là avec mon épouse, du matin jusqu'au soir », précise Tomohiro. Leur dévouement est récompensé en 2010 par l'attribution du célèbre macaron, qu'ils conservent jusqu'à récemment.
Le restaurant a constamment évolué pour répondre aux exigences du guide Michelin, alliant modernisation et équipements de pointe, comme leurs récentes machines à pain. Une extension a même été réalisée suite à la pandémie pour améliorer l'accueil des clients.
Le célèbre Goï Cuôn de homard bleu et de foie gras
La cuisine du Village Tomohiro est entièrement faite maison, avec des produits d'exception. Leur menu propose des plats emblématiques, tels que le fameux Goï Cuôn de homard bleu et de foie gras. « Nous nous remettons en question chaque jour, pour le bien de nos clients, pas pour le Guide », souligne Menhadine.
La fidélité de leurs clients, certains fréquentant le restaurant depuis plus de vingt ans, est un soutien indéfectible. Bien que confiants en leur base de clients, les propriétaires sont lucides : « Nous savons que récupérer de nouveaux clients du Guide ne sera pas facile. »
Malgré leur déception, le couple fait preuve d'une détermination remarquable alors qu'ils visaient une seconde étoile. « Nous ne voulons pas abandonner », assure Tomohiro. Préparés à transformer cette épreuve en force, ils sont déjà en route pour regagner leur étoile. « À partir de maintenant, nous sommes à bloc pour la récupérer », annonce le chef.
Quatre tables étoilées, dont trois à Versailles
Actuellement, dans les Yvelines, département francilien le plus étoilé hors Paris, seules quatre tables gardent leur étoile, dont trois à Versailles : le restaurant Ducasse au Château de Versailles, Gordon Ramsay au Trianon et La Table du 11. La dernière table étoilée, le Panoramique au Domaine de la Corniche, à Rolleboise, forme un cadre pittoresque pour ses plats raffinés.
Le Numéro 3, au Tremblay-sur-Mauldre, a fermé ses portes à la fin de l'année dernière après vingt ans d'existence, suite à une décision mûrement réfléchie par son chef étoilé, Laurent Trochain, et son épouse, Julie.
Il y a quatre ans, le département comptait sept restaurants étoilés. La Table des Blot, un établissement reconnu depuis près de trente ans à Dampierre-en-Yvelines, a également disparu du classement suite à la retraite de ses propriétaires au début de l'année.







